En plus de mettre en doute le processus de nomination des juges, l’ancien ministre de la Justice, Marc Bellemare, a raconté avoir été témoin à deux reprises, en 2003 et en 2004, d’échanges d’argent comptant entre un permanent du Parti libéral et un entrepreneur de la construction.
Cette révélation a conforté la position des partis d’opposition à l’Assemblée nationale, qui réclament la tenue d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction. Non, non, non, a martelé le premier ministre Jean Charest, qui préfère avoir recours à des enquêtes policières pour démasquer les fautifs.
Cela dit, l’entêtement du premier ministre a poussé le Mouvement national citoyen du Québec à lancer une pétition pour réclament sa démission. Près de 250 000 personnes l’ont signée. Entre-temps, des scandales ont éclaté dans des villes de la région métropolitaine de Montréal, où les maires sont suspectés d’avoir tiré – un peu trop – profit de leur position.
Des enveloppes blanches circulent à Laval
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, est soupçonné d’avoir offert des enveloppes d’argent aux députés Serge Ménard et Vincent Auclair du temps où ils menaient leur première campagne électorale. «Je n’ai pas offert d’argent ni à M. Ménard, ni à M. Auclair, ni à aucun autre candidat prenant part à une élection provinciale ou fédérale», a-t-il clamé au mois de novembre. Il a mis en demeure les deux hommes politiques de se rétracter, ce qu’ils ont refusé de faire. On attend la poursuite… M. Vaillancourt a depuis dû se retirer du conseil d’administration d’Hydro-Québec et diminuer ses activités au sein de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
Problème d’éthique à Saint-Jérôme?
Des soupçons de favoritisme et de conflit d’intérêts pèsent sur les épaules du maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon. En poste depuis 15 ans, il aurait été réélu à répétition grâce à un système d’élections clés en main mis en place avec l’aide d’une firme d’avocats. On a aussi appris au cours de la dernière année que la maison du maire a été rénovée à grands frais par des entrepreneurs de construction qui ont par la suite obtenu de très lucratifs contrats auprès de la Ville. Devant les doutes qui planent sur son administration, le maire aurait demandé à Québec de vérifier les comptes de sa ville. Dans les faits, c’est plutôt le ministère des Affaires municipales qui a décidé de faire des vérifications après avoir reçu un nombre élevé de plaintes concernant Saint-Jérôme. M. Gascon a depuis quitté la présidence de l’UMQ. À suivre…
Rien ne va plus à Terrebonne et à Mascouche
À quelques heures d’intervalle, les maires de Terrebonne et de Mascouche ont décidé de se retirer temporairement de leur fonction au mois de novembre. Tous deux sont soupçonnés d’entretenir des liens très étroits avec l’entrepreneur de la construction Normand Trudel, qui a obtenu des deux villes des contrats totalisant plusieurs millions de dollars. À Terrebonne, Jean-Marc Robitaille a participé aux activités dela fiducie immobilière de M. Trudel et lui a demandé de l’aide pour contracter un prêt au privé pour l’achat d’un immeuble à logements. Richard Marcotte, à Mascouche, aurait quant à lui rénové sa maison aux frais de l’entrepreneur. Il aurait par ailleurs demandé certains avantages à d’autres entrepreneurs qui voulaient travailler à Mascouche. Toutes ces allégations ont poussé Québec à faire des vérifications dans les deux villes de la MRC Les Moulins.