lang="fr-FR" > Old Harry: les écolos lancent un appel au calme
National

Old Harry: les écolos lancent un appel au calme

Craignant un sentiment d’urgence, qui pourrait mener à des décisions précipitées, la Coalition Saint-Laurent a demandé à Québec de faire preuve de patience dans le dossier de l’exploitation du gisement de pétrole Old Harry, même si Terre-Neuve semble prête à aller de l’avant.

Les représentants d’Attention FragÎles, de la Fondation David Suzuki, de Nature Québec et de la Société pour la nature et les parcs du Canada, réunis mardi à Montréal et aux Îles-de-la-Madeleine, ont critiqué l’empressement du gouvernement Charest à conclure une entente avec le gouvernement fédéral pour la mise sur pied d’un Office des hydrocarbures extracôtiers, qui assurerait l’exploitation du gisement situé à la frontière du Québec et de Terre-Neuve.

«Jean Charest était fier de dire que 100 % des redevances iraient au Québec, a rappelé Christian Simard, directeur général de Nature Québec. Le risque que la carotte (les redevances) fasse accepter quelque chose de très indigeste au niveau de la protection de l’environnement est bien réel.»

Selon les informations obtenues par la Coalition Saint-Laurent, Québec discuterait avec Ottawa de la création d’un office similaire à l’Office Canada-Terre-Neuve-Labrador des hydrocarbures extracôtiers pour gérer l’exploitation de Old Harry. Or, les écologistes ont rappelé que cet office, créé il y a près de 25 ans, a été vivement critiqué par la Commission Wells, mise sur pied à la suite de l’écrasement d’un hélicoptère qui se rendait sur une plateforme de forage au large de Terre-Neuve, qui a fait 17 morts en 2009.

La première ministre de la province, Kathy Dunderdale, a d’ailleurs demandé au gouvernement fédéral d’apporter des correctifs à l’Office à la suite du rapport Wells. «La structure actuelle des offices les rend à la fois juges et parties dans le développement de l’industrie pétrolière en lieu marin, a indiqué Danielle Giroux, présidente d’Attention FragÎles. Le rapport de la Commission Wells a complètement discrédité l’Office Canada-Terre-Neuve-Labrador et a remis en question sa capacité à assurer la sécurité des travailleurs et la protection de l’environnement tout en faisant la promotion de l’industrie pétrolière. De profondes réformes doivent être envisagées.»

La Coalition a notamment demandé qu’une structure indépendante à l’Office soit mise sur pied. Marie-France Boulay, l’attachée de presse de la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, n’a pas voulu préciser la nature des discussions qui ont cours à Ottawa. «Il est prématuré de commenter une agence ou un office qui viendrait sceller une entente qui n’a pas encore été conclue», a expliqué Mme Boulay, précisant que la ministre n’entendait pas mener les négociations sur la place publique.

Au moment de mettre sous presse, le ministère des Ressources naturelles du Canada n’avait pas répondu aux questions de Métro.

Consultation publique
La Coalition Saint-Laurent s’est inquiétée de l’exclusion du public des discussions qui se déroulent entre les gouvernements provincial et fédéral. «Le gouvernement est en train de décider ce qui sera à la base de l’exploitation d’Old Harry alors qu’on ne sait même pas si on veut vraiment aller de l’avant, a rappelé Danielle Giroux, présidente d’Attention FragÎles. Terre-Neuve ne doit pas nous inciter à agir précipitamment.»

Marie-France Boulay, l’attachée de presse de la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a tenu à rassurer les écologistes. «Même si un accord est conclu avec Ottawa, il est prévu que nous terminions la deuxième évaluation environnementale stratégique et que nous consultions ensuite les populations concernées, a-t-elle indiqué. Ce n’est qu’après que nous déciderons si nous allons de l’avant [avec l’exploitation du gisement].»

Articles récents du même sujet

Exit mobile version