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«Le Québec est dans une position pire qu'avant», selon Liza Frulla

Marie-Eve Shaffer - Métro

En votant massivement pour le Nouveau Parti démocratique, les Québécois ont rejeté la formation de Stephen Harper et ont ainsi choisi le camp de l’opposition. Ce qui regarde très mal pour les prochaines années, selon l’ancienne ministre libérale et analyste politique au Club des ex, Liza Frulla.

Plus de la moitié des députés du NPD ont été élus au Québec. Dans quelle mesure est-ce que cela modifie le rapport de force pour le Québec à Ottawa?
Ça fait 17 ans que les Québécois se font dire par le Bloc québécois qu’être dans l’opposition,  c’est mieux que d’être au pouvoir. Les Québécois ont décidé encore une fois de se placer dans la marge, c’est-à-dire, dans l’opposition.

Le Québec est ainsi dans une position pire qu’avant le déclenchement des élections parce que le gouvernement est majoritaire. Si le gouvernement avait été minoritaire, il y aurait eu une monnaie d’échange. Devant un gouvernement majoritaire, où les conservateurs contrôlent la Chambre des communes, le sénat et tous les comités, la seule chose que l’opposition peut faire, c’est de tenter – et je dis bien tenter – d’influencer.

La très faible présence conservatrice au Québec nuira-t-elle à la province?
C’est une autre chose qui m’inquiète. Il y a seulement six représentants conservateurs au Québec. Autrement dit, le gouvernement est allé chercher sa majorité sans le Québec. Ça ne peut pas aider. Même si M. Harper veut tenir compte de certaines demandes du Québec, il se devra de tenir compte des demandes des autres provinces qui l’ont élu massivement. Le Québec a rejeté en bloc le gouvernement conservateur qui traditionnellement parlant est assez rigide et a la mémoire longue. Ça sera intéressant de voir comment il va réagir par rapport au Québec.

Qui pourrait devenir ministre au Québec?
Les Denis Lebel et Christian Paradis ont déjà de l’expérience. Harper ne peut pas nommer ses six députés québécois. Maxime Bernier s’est promené à travers le Canada pendant la campagne électorale en contredisant Stephen Harper. Ce serait étonnant qu’il revienne au cabinet.

Le Bloc québécois n’est plus un parti reconnu officiellement. Quel est l’impact de la perte de son financement pour le mouvement souverainiste?
C’est majeur. C’est sûr que ce sont des revenus en moins et des forces en moins sur le terrain. Par contre, le Parti québécois reste une force majeure au Québec. Il devra continuer à travailler mais de façon isolée comme les libéraux au Québec le font.

Comment le PLC pourra-t-il se relever?

La chance du PLC, c’est qu’il a quatre ans et demi pour réfléchir parce que le gouvernement est majoritaire et que nous avons maintenant des élections à date fixe. Le seul conseil que je peux leur donner, c’est de prendre le temps de réfléchir et de regarder la dynamique aller parce qu’elle n’est pas évidente. Il doit se poser les vraies questions et se demander si une fusion avec les gauches démocrates est nécessaire. Je ne dis pas que la réponse est oui. Ils devront envisager l’ensemble de la situation. Denis Coderre l’a très bien résumé en disant qu’ils devront le faire «en se donnant le temps, avec énormément d’humilité, et en encaissant cette énorme et historique défaite».

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