Après les groupes environnementaux, au début de la semaine, c’était jeudi au tour des artistes de dévoiler les réponses que leur ont offertes les partis politiques au sujet de leur plateforme culturelle. Et comme pour les écologistes, les artistes ont essuyé une fin de non recevoir de la part des conservateurs.
La Conférence canadienne des arts, appuyée par près de 70 organisations culturelles, a transmis un questionnaire à tous les partis politiques fédéraux, a analysé leur plateforme culturelle et a demandé une rencontre avec leurs dirigeants. Tous les partis, sauf les conservateurs, ont répondu au questionnaire, alors que seuls le Bloc québécois, le NPD et le Parti libéral ont consenti à une rencontre avec les artistes.
«Plus ça va, plus je sens que le Parti conservateurs fait preuve d’un mépris total en matière de culture, a indiqué le président de l’Union des artistes (UDA), Raymond Legault. Au début, j’attribuais leur mutisme à l’indifférence, mais maintenant, je trouve qu’il tombe dans le mépris. Et ce n’est pas de la paranoïa.»
M. Legault a rappelé que les conservateurs avaient, entre autres, diminué les budgets de Téléfilm Canada, coupé dans de nombreux programmes culturels et tenté de faire adopter son projet de loi C-32, qui aurait privé les créateurs de revenus importants liés à leurs droits d’auteur.
«Les conservateurs coupent systématiquement dans les arts, a soutenu Raymond Legault. Aussitôt qu’il y a un organisme qui conteste les décisions du gouvernement ou qui émet une opinion contraire à la sienne, il se fait couper son budget.»
Malgré la déception exprimée par son président, l’UDA n’incitera pas ses membres à voter pour un parti en particulier. Le Conseil québécois du théâtre, qui a également participé à la confection du questionnaire remis aux partis politiques, fera de même. «La dernière chose que je veux faire, c’est de dire aux gens comment voter, a expliqué le président du Conseil, Sylvain Massé. Ce qui était important, c’était d’offrir le plus d’information possible et d’inciter les gens à aller voter. Le milieu de la culture a été lourdement victime des coupures du gouvernement Harper, alors il est clair qu’il y a très peu d’artistes qui vont voter pour les conservateurs. À partir de là, c’est à chacun de voir pour qui il veut voter.»
Aux yeux de Raymond Legault, le Bloc québécois, le Parti libéral et le NPD ont tous démontré un grand attachement à la culture. «La hauteur des engagements est extrêmement différente, a cependant noté le président de l’UDA. Le Bloc québécois et le Parti libéral sont beaucoup plus précis alors que du côté du NPD, c’est encore très ouvert. Les engagements néodémocrates sont moins chiffrés, moins déterminés.»
Les artistes demandent aux partis politiques de s’engager à bonifier le budget du Conseil des arts, à moderniser la Loi sur le droit d’auteur et à offrir un financement stable et amélioré à Radio-Canada, à l’Office national du film et à Téléfilm Canada, entre autres.
375e de Montréal
Culture Montréal a questionné le Bloc québécois, le Parti libéral et le NPD, qu’il a eu la chance de rencontrer, sur leur éventuelle implication dans les festivités liées au 375e anniversaire de Montréal, en 2017.
- Le Bloc québécois a dit souhaiter que Montréal reçoive l’équivalent de ce que la Ville de Québec a reçu pour son 400e anniversaire et souhaite que le fleuve soit reconnu comme la principale porte d’entrée du Canada et qu’il soit mis en valeur.
- Le Parti libéral souhaite travailler avec les acteurs locaux pour élaborer un programme de legs et de célébrations inspirant et surprenant.
- Le NPD n’avait pas d’opinion sur le sujet.