Natalité, immigration, identité et vivre-ensemble sont les pièces d’un même casse-tête. La réalité démographique du Québec a amené les gouvernements à mettre en place différentes mesures qui, prises à la pièce, ne peuvent permettre de résoudre l’équation. Le vieillissement et la croissance plus lente de la population vont créer une pression énorme sur les finances publiques et la population active.
Si la recette était facile à trouver, il y a longtemps que le sujet serait passé de mode. Dans la même semaine, différents constats nous amènent à la conclusion qu’il faut une vision d’ensemble pour dénouer l’impasse. La natalité est en baisse pour la première fois depuis 2005. Les auteurs du livre Le remède imaginaire illustrent certaines failles et relativisent les bienfaits proclamés de l’immigration. Gérard Bouchard, co-auteur du Rapport Bouchard-Taylor, relance le débat sur les relations interculturelles.
Si les effets des différentes mesures touchant la famille perdent de leur vigueur, le multiculturalisme, autrefois la panacée, semble avoir atteint ses limites. Les différences culturelles s’entrechoquent ici et ailleurs dans le monde. Le débat n’est pas propre au Québec. L’Allemagne, la France, l’Angleterre et bien d’autres pays se questionnent sur l’identité nationale et l’immigration, et sur la capacité de vivre ensemble dans un espace commun dans le respect de l’autre. Même Toronto n’échappe pas au débat.
S’il est vrai qu’une grande partie de l’intégration passe par l’emploi, on cherche aussi un modèle qui permette à la fois de préserver l’identité tout en respectant les valeurs de l’autre. C’est d’autant plus vrai au Québec, qui doit faire sa place dans un espace majoritairement anglophone en Amérique du Nord. Pour Gérard Bouchard, l’équilibre dans la gestion de la diversité se trouve entre la permissivité totale et l’interdiction totale. C’est ainsi qu’il définit «l’interculturalisme».
Ce n’est pas un secret, le Québec fait face à un réel défi démographique. Le poids de la province diminue dans l’espace nord-américain. La population du Québec croît moins rapidement que celle du Canada ou des États-Unis. Après avoir tabletté l’essentiel du Rapport Bouchard-Taylor et enfoui le débat sur les accommodements raisonnables, le gouvernement doit maintenant avoir le courage d’agir pour prévenir une nouvelle crise. La sortie de M. Bouchard nous rappelle d’ailleurs que rien n’est réglé. Le premier ministre Jean Charest devra mettre à leur place les pièces d’un même casse-tête.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.