Le soutien aux anciens employés du centre d’appels IQT Solutions de Trois-Rivières, fermé sans préavis vendredi dernier, s’organise. Outré par la décision de l’entreprise de déménager ses opérations aux États-Unis, le Syndicat des Métallos entame aujour-d’hui des démarches juridiques afin d’obtenir des compensations pour ses 140 membres licenciés.
Le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy, a confirmé hier à Métro que les avocats du syndicat analysent tous les recours disponibles pour les travailleurs de Trois-Rivières. Les employés licenciés réclament jusqu’à cinq semaines de travail impayées ainsi que le 4% auquel ils ont droit d’après les normes du travail en cas de cessation d’emploi. «Nous ferons tout du point de vue légal pour que justice soit faite», assure M. Roy.
Puisque le syndicat n’est accrédité que depuis le 12 juillet, les employés de Trois-Rivières ne disposent pas encore de convention collective. Si cela leur enlève une certaine marge de manœuvre, Daniel Roy prévient que le champ d’action des Métallos ne se limitera pas aux options légales.
«Notre syndicat a des ramifications partout en Amérique du Nord. Il est donc possible de faire pression sur un employeur de bien des manières», ajoute Daniel Roy. Il évoque la possibilité de faire campagne aux États-Unis afin de mettre le gouvernement et tout le domaine syndical au fait des agissements illégaux de IQT Solutions. M. Roy va jusqu’à proposer une opération de boycottage, question d’inciter les gens d’IQT à discuter «plutôt que de se sauver comme des bandits».
Au cours du week-end, les travailleurs lésés de Trois-Rivières ont organisé un grand rassemblement auquel ont participé une centaine d’employés ainsi que le député fédéral Robert Aubin. L’élu néo-démocrate affirme que des mesures spéciales seront prises cette semaine afin d’assurer aux licenciés des prestations d’assurance-emploi. En effet, en plus des salaires impayés, IQT Solutions n’a pas remis à ses employés leur cessation d’emploi, un document nécessaire pour remplir une demande d’assurance-emploi.
Dans la foulée de la fermeture de trois centres d’appels canadiens, IQT Solutions a laissé près de 1 200 employés sans salaire ni indemnités. À Laval, 450 employés ont été licenciés, tandis qu’à Oshawa, en Ontario, ce sont 600 travailleurs qui ont été remerciés. Il a été impossible d’entrer en contact avec les dirigeants d’IQT Solutions.