Plus de 200 000 étudiants débraieront jeudi afin de protester contre la hausse des droits de scolarité prévue par le gouvernement de Jean Charest. Selon les données de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), il s’agirait de la plus importante grève générale de 24 heures de l’histoire du mouvement étudiant.
Une grande manifestation est prévue jeudi après-midi, dans les rues de Montréal. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues dès 14h, à la place Émilie-Gamelin. En plus des étudiants, quelque 130 groupes sociaux ont annoncé qu’ils seraient de la partie.
«La manifestation viendra démontrer que le gouvernement libéral et ses alliés du milieu patronal sont isolés dans leur volonté d’augmenter les frais de scolarité, a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’ASSÉ. La ministre de l’Éducation ne peut plus jouer à l’autruche: elle doit réaliser que son projet ne passe tout simplement pas.»
Le gouvernement a tout de même obtenu un appui de taille mercredi, alors que les principales associations patronales de la province ont uni leurs voix pour lui demander de maintenir le cap.
«L’état des finances publiques ne nous permet plus collectivement de maintenir le statu quo en matière de droits de scolarité, a indiqué Martine Hébert, vice-présidente de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante au Québec. Les montants qui seront dorénavant exigés des étudiants permettront, à terme, de redonner à notre système d’éducation un peu plus d’oxygène pour assurer son financement et son développement.»
L’ASSÉ a répliqué que l’appui des associations patronales tendait à démontrer que le Parti libéral «gouverne dans l’intérêt d’une minorité et non dans celui de la population québécoise».