J’éprouve une admiration infinie pour les êtres persévérants. Et quand ceux-ci surmontent les embûches et les épreuves avec abnégation, ça m’impressionne encore davantage. Car rares sont ceux et celles qui favorisent le bonheur collectif au détriment de leur petite personne. Là où je saisis moins l’engagement de certains par exemple, c’est quand leur persévérance vire à l’acharnement.
Aujourd’hui, j’aurais envie de poser une question toute simple à Pauline Marois. L’avoir ici, devant moi, je lui demanderais : «Mme Marois, pourquoi restez-vous donc à la tête du PQ? Votre sens du devoir est admirable, votre résistance dans l’adversité est étonnante (et même touchante, oui oui, j’insiste, touchante…) mais votre entêtement à diriger cette impitoyable formation, où l’on vous brasse avec si peu de respect, a de quoi dérouter le plus fervent des croyants à votre cause.»
Au PQ, il semble passé dans les mœurs que de «manger du Pauline» est un exercice correct et sain. Que de la mettre en danger, comme ils disent dans Loft Story, est quelque chose d’acceptable. Moi, être à la place de la principale intéressée, je ne prendrais même pas quinze minutes pour ramasser mes affaires et sacrer le camp chez nous pour rejoindre famille et pitou.
Peu importe nos options politiques, il n’y a pas un chef de parti qui mérite tant de grenouillage. Pas un. Au PQ comme ailleurs. J’ai souvenir encore du jour d’il y a quatre ans où l’on a accueilli Pauline Marois comme étant LA personne toute désignée pour relever le parti. Je me rappelle de l’introduction de Bernard Drainville, dithyrambique, lors du couronnement spontané de celle qui allait sauver l’équipage pendant que Gilles Duceppe reprenait sagement le chemin d’Ottawa face à ce qui était alors tellement évident. Je me souviens… comme dans la devise.
Les temps changent et les années passent. Un parti peut se tromper. Une fois, deux fois et même plus souvent qu’autrement. Un essai peut devenir un échec. Mais ça ne sera jamais une raison pour maltraiter ceux et celles qui ont accepté de relever l’impossible défi. Mme Marois, partez, vous valez plus que ça.
• • •
Mes informations étaient bonnes : le Coup de chapeau du Gala de l’ADISQ, qui devait en quelque sorte suppléer au Félix-Hommage disparu depuis quelques années, a été réservé à Gilles Vigneault, lui-même déjà récipiendaire de l’Hommage… en 1985. Une chance, le moment fut touchant au maximum, merci à Fred Pellerin.
L’impact du salut de dimanche soir nous indique une chose : il faut absolument ramener, et pour de bon, l’Hommage en bonne et due forme, quitte à garder le Coup de chapeau sur une base occasionnelle pour souligner une étape ou un événement exceptionnel. Il est du devoir de l’ADISQ une association qui se dédie à la promotion de la chanson française et, conséquemment, à la protection de notre culture, d’entretenir la mémoire d’un peuple et de ses artistes. Ça ne sera jamais du temps perdu. Jamais. Même quand il faut couper des numéros dans un gala pour que le Téléjournal de Radio-Canada puisse commencer à la bonne heure…
• • •
Yé, le Canadien est revenu dans le cercle des vainqueurs. Et de le voir gagner avec intelligence face aux «Brutes» de Boston samedi soir m’a tout simplement comblé de bonheur. Non mais, la gang à Julien, entre vous et moi, quelle bande d’abrutis…