Les enseignants boudent de plus en plus les postes de direction dans les écoles publiques, de sorte que deux organismes craignent une pénurie de candidats. Pour remédier à la situation, ils souhaitent valoriser le métier de directeur d’école et réclament, du même souffle, une amélioration des conditions de travail des directeurs.
Selon l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) et l’Association québécoise du personnel de direction d’école (AQPDE), le manque de candidats est tel que des membres de direction d’école à la retraite sont parfois appelés en renfort pour effectuer des remplacements. Dans la région de Québec, le manque de candidats a mené à l’annulation d’un concours.
«Nous voulons agir avant que la pénurie soit en place», affirme le président de l’AMDES, Gaétan Neault, ajoutant qu’il ne doit pas y avoir de compromis sur la qualité des candidats.
L’AMDES et l’AQPDE estiment que l’écart salarial entre les enseignants et directeurs – qu’ils considèrent minime – explique en partie la pénurie actuelle de candidats. En 10 ans, cet écart s’est réduit, de sorte qu’il était inférieur à 25 $ sur une base quotidienne en 2009. Paradoxalement, une étude déposée en 2001 et effectuée pour le compte de la Fédération des commissions scolaires réclamait un accroissement de cet écart.
Professeur au département d’éducation et de pédagogie de l’UQAM, Pierre Toussaint croit que l’aspect financier ne serait pas le «facteur prépondérant» de ce désintérêt. Il l’attribue plutôt à «la lourdeur de la tâche, aux longues heures de travail qui empiètent sur la vie personnelle, au manque de soutien», au fait que la profession ne jouisse pas d’une «grande reconnaissance» et que les tâches administratives occupent une place plus grande au détriment du rôle de leader pédagogique.
Du côté de l’AMDES, on croit aussi que l’aspect administratif des directions d’école constitue un effet dissuasif. «Les enseignants veulent faire de la pédagogie, pas de l’administration», concède Gaétan Neault.
Cette sortie de l’AMDES et de L’AQPDE, qui, à eux deux, représentent environ 1 000 directions d’école au Québec, survient alors que celles-ci sont en négociation en vue de renouveler leur contrat de travail.