Seul le quart des Québécois admettent avoir peur de la mort, pourtant, ils sont encore très nombreux à ne pas prévoir leurs funérailles, le plus souvent sous prétexte qu’ils sont trop jeunes.
Un sondage mené par la Corporation des thanatologues du Québec, dont les résultats ont été dévoilés dimanche, révèle que 89% des Québécois questionnés n’ont pas d’arrangements préalables de services funéraires.
Dans 25% des cas, les personnes sondées ont indiqué ne pas avoir fait d’arrangements parce qu’ils sont «trop jeunes». Pour leur part, 20% des répondants ont affirmé vouloir «attendre encore quelques années» avant de préparer leurs funérailles.
«Les gens expriment la volonté de se préparer, mais ils ne sont pas prêts à signer un contrat, a noté René Goyer, président de la Corporation des thanatologues. Les Québécois redoutent encore leur décès.»
Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne réfléchissent pas à leur service funéraire. En effet, 68,6% des personnes sondées ont indiqué ne pas vouloir que les rituels funéraires soient liés à la religion. Pourtant, 50,6% des répondants ont dit souhaiter que la cérémonie se déroule à l’église. «On n’est pas à une contradiction près avec les Québécois», a souligné, amusée, la directrice générale de la Corporation des thanatologues, Nathalie Samson.
Lois à revoir
La Corporation des thanatologues a demandé à Québec d’actualiser ses lois en matière de deuil et de funérailles. Le gouvernement provincial prévoit une aide de 2 500$ pour l’organisation de funérailles. «Cette prestation n’a jamais été indexée, a déploré Nathalie Samson. Depuis 1994, c’est le même montant qui est offert. Pourtant, le coût des services funéraires a grimpé depuis 15 ans.»
Les Canadiens investissent en moyenne 8 200$ pour des services funéraires, selon la Corporation.
L’unique journée rémunérée prévue par la Loi sur les normes du travail lors du décès d’un membre de la famille laisse également les thanatologues de glace.
«Une journée, c’est insuffisant pour faire son deuil, a expliqué Mme Samson. On ne peut pas contourner le deuil, il faut prendre le temps de le vivre. Il faut que cette disposition soit revue.»
Quelque 64% des répondants du sondage de la Corporation des thanatologues ont jugé que le nombre de jours de congés prévus en cas de décès d’un proche est insuffisant.
* Le sondage de la Corporation des thanatologues a été mené auprès de 1 288 Québécois du 8 au 11 août. La marge d’erreur est de 2,73 %, 19 fois sur 20.