La note économique de l’Institut d’économique de Montréal qui s’appuie sur l’Allemagne pour démontrer les bienfaits d’une privation des hôpitaux ne fait pas l’unanimité.
«La participation du secteur privé contrairement aux craintes largement répandues sont associées à une meilleure qualité des soins et peuvent accroître l’efficacité d’établissements peu performants», peut-on lire dans la note «Le secteur privé dans un système de santé public : l’exemple allemand», publiée mardi.
L’auteur de la note, l’économiste allemand de la santé Frederik Roeder, soutient que la privatisation de plusieurs hôpitaux allemands n’a pas nui à l’accessibilité aux soins.
Fritz C., un Allemand installé depuis peu à Montréal, doute que les hôpitaux privés n’accordent pas de traitements préférentiels aux patients qui possèdent une assurance privée dans son pays d’origine.
Lui-même a dû consulter un dermatologue et s’est fait répondre qu’il ne pourrait obtenir un rendez-vous avant 5 mois. «Quand l’assistante a vu que je possédais une assurance privée, je n’ai eu à attendre que cinq minutes », dit-il.
Cette note économique de IEDM survient alors que le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a dénoncé en début de semaine la pratique de certains chirurgiens dirigeant leurs patients dans les cliniques privées alléguant une liste l’attente trop longue au public. M. Bolduc a demandé au Collège des médecins de faire la lumière sur la situation.
Selon Pierre Blain, directeur du Regroupement provincial des comités des usagers, cette publication arrive également à point nommé: «Curieusement, cette étude arrive au moment où le Canada est à revoir ses transferts en santé. Les provinces auront moins d’argent. Envisagera-t-on une diminution des services? Si c’est le cas, cela est inacceptable. Notre système est universel et gratuit. Il doit le demeurer. C’est d’une réorganisation des services dont nous avons besoin».
Le système de santé allemand
Selon l’étude de l’IEDM :
- L’Allemagne possède un système de santé universel mixte où près de 90 % de la population est couverte par une assurance maladie publique obligatoire.
- Les travailleurs autonomes ou à revenus élevés ont le choix de s’inscrire au régime public ou de contracter une assurance privée.
- Les hôpitaux sont répartis de façon à peu près égale entre les hôpitaux publics, les hôpitaux privés sans but lucratif (par exemple administrés par une organisation religieuse) et les hôpitaux privés à but lucratif.
- Les hôpitaux privés traitent tous les patients, (pas seulement ceux qui ont souscrit une assurance privée.)
- Les hôpitaux allemands ne possèdent pas un budget global, mais sont plutôt remboursés en fonction du nombre et du type de cas traités