Selon une nouvelle étude du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), 44% des 10 000 jeunes de secondaire 1 et 3 interrogés consomment régulièrement des boissons gazeuses. Les boissons pour sportifs (28%) et les jus de fruits non naturels (61%) sont aussi bus régulièrement par les jeunes, qui ne dédaignent pas non plus les boissons énergisantes (35% en boivent occasionnellement).
Ces boissons sucrées, prises quotidiennement, participent à la surconsommation de sucre et augmentent de 60% le risque d’obésité chez l’enfant, souligne la Coalition québécoise sur la problématique du poids (CQPP). Elles expliquent en partie la surconsommation de sucre chez les garçons de 14-18 ans, qui ingurgitent déjà quotidiennement 70% plus de sucre que la moyenne nationale.
Suzie Pellerin, directrice de la CQPP dénonce «les stratégies de marketing entourant les boissons sucrées qui annihilent les messages de santé publique». La Coalition déplore aussi que les eaux vitaminées entrent dans la catégorie des produits de santé naturels et jouent sur cette ambiguïté.
Ainsi, la marque VitaminWater indique sur son étiquette : Prendre quelques heures avant la prise d’autres médicaments. «Ce type de produit n’est pas utile à une bonne alimentation et a tendance à prendre la place de l’eau, du lait et des jus de fruits 100% naturels», note Véronique Provencher, professeur de nutrition à l’Université Laval. Ainsi, 5% des jeunes interrogés ne boivent de l’eau qu’une à deux fois par semaine.
Santé Canada ne reste pas les bras croisés pour autant. Depuis peu, les boissons énergisantes ne sont plus considérées comme des produits naturels et devront respecter des normes plus serrées, notamment ne pas dépasser un taux maximum de caféine. L’étiquetage sera aussi revu et un message indiquera que le produit n’est pas approprié aux enfants, mais la CQCP recommande plutôt la mention «Déconseillé au moins de 18 ans».
Dans les prochaines semaines la Coalition Poids dévoilera d’autres études portant sur les stratégies de prix, de distribution et de promotion de l’industrie, qu’elle juge douteuses.
Réactions
Du côté de l’Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec, on affirme déjà travailler à la réduction des calories et du sucre contenus dans les boissons distribuées. L’association demande aussi que les règles plus sévères concernant la caféine soient appliquées équitablement: «Les règles seront-elles aussi sévères pour les marques de café», se demande Martin-Pierre Pelletier, porte-parole de l’association.