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L'octroi des places en garderies encore décrié

Dans la foulée du rapport dévastateur du vérificateur général du Québec sur le programme d’octroi des permis de garderies, l’Association des garderies privées du Québec (AGPQ) s’attaque aux fonctionnaires du ministère de la Famille et des Aînés (MFA). «Ce qui est reproché à la ministre Courchesne, ce n’est que la pointe de l’iceberg», a déclaré lundi matin, Sylvain Lévesque, président de l’AGPQ.

Si la ministre est dans l’eau chaude pour avoir possiblement favorisé l’octroi de permis à des donateurs libéraux qui avaient été préalablement écartés par les fonctionnaires du ministère, M. Lévesque croit que ces derniers ne sont pas exempts de reproches.

Preuves à l’appui, l’AGPQ dénonce la «subjectivité des fonctionnaires» dans l’évaluation des dossiers de demandes de permis. Ainsi, une gestionnaire disposant depuis six ans d’une garderie a déposé neuf dossiers de projets identiques dans neuf secteurs différents. Selon les endroits où les dossiers ont été déposés, les notes attribuées par les fonctionnaires variaient considérablement. Mais surtout, on lui a erronément attribué des inspections négatives qui ne sont pas les siennes et qui ont fait diminuer sa note.

«Il faut que tous les dossiers refusés soient rendus publics et que l’on sache pour quelles raisons ils ont été écartés», clame l’AGPQ qui demande que les fonctionnaires et les sous-ministres concernés viennent s’expliquer en commission parlementaire. Invitée à se prononcer,  la porte-parole du ministère, Geneviève Hinse, a répondu que «ce sera aux parlementaires de décider ou non de la pertinence de les convoquer».

En filigrane, l’AGPQ reproche au gouvernement libéral d’avoir aboli en 2003 le  processus de consultation régionale des différents partenaires du milieu lors de l’octroi de nouvelles places en garderies. «Même si le processus a été rétabli, les fonctionnaires du ministère continuent d’agir en amont en refusant certains projets. On veut pouvoir les évaluer tous», clame le vice-président de l’AGPQ.

À ce sujet, Mme Hinse répond que seuls les dossiers qui ne sont pas admissibles seront écartés avant d’être présentés aux tables de concertation régionales. Elle précise que le ministère a déjà pris des mesures pour redresser la barre, notamment en triplant le nombre d’inspecteurs.

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