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On devrait peut-être l’écouter

On a dit de la jeune femme qui a interpelé Mme Marois lors d’un bain de foule à Boucherville dimanche dernier qu’elle avait manqué de politesse, qu’elle n’avait pas respecté le décorum requis par la fonction de première ministre. On lui a reproché d’avoir vidé son sac sans écouter les réponses de son interlocutrice. Peut-être. Après tout, Samar Assoum a déballé sans complexe ses grosses questions embarrassantes, comme : «Qu’est-ce que je vais faire, moi, si je veux porter le voile dans la fonction publique?» ou «Avez-vous pensé que votre projet de loi n’est pas constitutionnel?»

Et pourtant, à la fin de cette confrontation musclée, ce que l’on sent, c’est que Samar Assoum est contente. Elle sourit à la première ministre et la remercie comme si elle lui avait permis de passer l’un des meilleurs moments de sa vie. Au fond, cherchait-elle vraiment des réponses ou cherchait-elle simplement à être écoutée?

«Je ne suis pas en colère contre Mme Marois, confirme Samar Assoum. J’avais peut-être l’air d’être en colère, mais j’étais surtout nerveuse. Et j’avais surtout besoin d’être écoutée, de me vider le cœur. Et elle a été super gentille avec moi. Des gens ont dit qu’elle était bête et ont réagi parce qu’elle m’a appelée « ma belle », mais je pense qu’elle a dit ça par réflexe ou pour être gentille. De toute façon, j’étais tellement nerveuse que je ne m’en suis même pas rendu compte!»

Mais pour être entendue, pourquoi n’avoir pas tout simplement présenté un mémoire en commission? Après tout, Samar Assoum et sa sœur Sarah se sont exprimées à la Commission Bouchard-Taylor alors qu’elles n’avaient que 18 ans. «J’y ai pensé, mais je trouve qu’une commission comme ça, ça coûte beaucoup d’argent qui aurait pu être mis dans les services. C’est important le dialogue, mais j’ai l’impression que la charte, c’était juste pour attirer les votes.»

Or, à voir l’attention qui a été accordée par le gouvernement aux pro-charte et le peu de considération pour des organismes aussi insignifiants que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, la Fédération des femmes du Québec ou au Barreau du Québec, par exemple, on serait tenté de donner raison à l’étudiante de deuxième cycle en droit international.

Son cri du cœur était peut-être impoli aux yeux de certains militants péquistes, mais il était clairement justifié.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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