C’est lundi que débute un procès d’envergure au palais de justice de Montréal visant les trois principales compagnies de tabac canadiennes : Imperial Tobacco, Rothmans Benson & Hedges et JTI-MacDonald.
La poursuite repose sur deux recours collectifs. Il y a tout d’abord le recours du Conseil québécois sur le tabac et la santé et de Jean-Yves Blais qui représentent les victimes d’emphysème ou de cancers du poumon, de la gorge et du larynx. Il y a ensuite le recours initié par Cécilia Létourneau, qui représente les personnes dépendantes du tabac.
«On a intenté cette démarche pour faire reconnaître la responsabilité des compagnies de tabac dans les décès causés par le tabagisme», indique Mario Bujold, directeur général du Conseil québécois sur le tabac.
En 2012, rares sont ceux qui ne se doutent pas que la cigarette est mauvaise pour la santé. Mais il faut dire que les recours de ce procès ont été déposés en 1998 et autorisés en 2005.
En 1994, les dirigeants des entreprises de tabac américaines soutenaient toujours que la nicotine créait aucune dépendance.
Ce sont donc les procès intentés aux États-Unis dans les années 1990 qui ont permis de rendre public plusieurs documents internes des cigarettiers. On a ainsi appris que ces compagnies connaissaient les effets de la cigarette et dissimulaient l’information depuis plusieurs décennies.
«Ces gens [les fumeurs] sont des victimes, car elles ont été prises dans un engrenage initié par les compagnies de tabac et qui a fait en sorte qu’ils sont devenus dépendants», précise M. Bujold.
Selon M. Bujold, 65% des fumeurs veulent arrêter de fumer, mais n’y parviennent pas en raison de la forte dépendance qu’entraine le tabac. Le combat n’est donc pas à armes égales, croit-il.
«On va essayer de démontrer que les compagnies ont fait des sélections pour choisir des plants [de tabac] qui contiennent plus de nicotine de façon à entretenir une dépendance», ajoute-t-il.
Les questions sur ce que savaient les compagnies canadiennes sur leur responsabilité d’informer adéquatement sa clientèle, et si cela a été fait seront donc au cœur du procès, estime le Conseil québécois sur le tabac.
Quelques chiffres
- Le recours initié par Cécilia Létourneau réclame 10 000 $ en dommages compensatoires et punitifs pour les 1,8 million de personnes dépendantes du tabac.
- Le recours du groupe anti-tabac québécois et de Jean-Yves Blais réclame 105 000 $ en dommages compensatoires et punitifs pour les 90 000 fumeurs victimes d’emphysème ou de cancers du poumon, de la gorge et du larynx.
