La Société canadienne du cancer s’est réjouie lundi de l’introduction progressive de nouvelles mises en garde sur les emballages des produits du tabac.
Les fabricants de cigarettes ont jusqu’au 21 mars prochain pour se plier aux nouvelles exigences de Santé Canada. Les dépanneurs, quant à eux, ne pourront plus vendre de paquets non conformes à compter du 19 juin.
Le format des mises en garde graphiques, inchangé depuis dix ans, représentera désormais 75% de la surface de l’emballage, au lieu de la moitié. Parmi les seize nouvelles photos mises de l’avant : celle de la mannequin Barb Tarbox à l’agonie, avant d’être emportée par un cancer du poumon à 42 ans. Des images repoussantes d’une bouche cancéreuse, d’un cœur malade et d’un homme victime d’un AVC sonneront aussi l’alarme des consommateurs.
Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, croit qu’un nouvel étiquetage s’avérait nécessaire. «Les fumeurs s’habituent aux images. Aucune compagnie ne garderait la même publicité pendant plusieurs années, alors pourquoi le gouvernement?», s’interroge-t-elle. La militante anti-tabac constate que le Canada, précurseur mondial des mises en garde en 2000, se comparerait de plus en plus à des pays comme le Djibouti.
Selon différentes études, les avertissements sur les paquets de cigarettes sont utiles à condition qu’elles se renouvellent. Jean-Charles Chebat, professeur de Marketing à HEC Montréal, juge les nouvelles images «très efficaces», surtout auprès des non-fumeurs, puisqu’elles misent sur la taille et sur les sensibilités. «Les photos permettent de générer des émotions négatives, note le chercheur. La stratégie fonctionne pour convaincre des adolescents de ne pas commencer à fumer.»
Des conséquences méconnues du tabagisme comme la perte de vision et le cancer de la vessie jouiront d’une visibilité accrue sur les nouveaux paquets. «Les fumeurs et la population en général sont plus informés sur les maladies ciblées par les avertissements», dit Mme Doucas. «Le tabagisme demeure aujourd’hui la principale cause de maladie et de décès évitables au Canada, et pourtant 17 % des Canadiens fument encore», rappelle pour sa part Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer.
La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, avait annoncé en septembre que le gouvernement Harper avait approuvé des nouveaux avertissements sur les paquets de cigarettes et de petits cigares.