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Les centres jeunesse craignent les compressions budgétaires

Les centres jeunesse du Québec ont lancé un cri du cœur, lundi, afin que le gouvernement Couillard évite de leur imposer des nouvelles compressions budgétaires.

«On est vraiment arrivé à l’os. Il n’y a plus de viande autour de l’os», a déclaré la directrice de la protection de la jeunesse du Centre de la jeunesse et de la famille Batshaw, Madeleine Bérard.

Depuis quatre ans, les centres jeunesse du Québec ont dû réduire leur budget de 20M$ à la demande des gouvernements. Les directeurs de la protection de la jeunesse s’attendent à d’autres compressions, même s’ils n’ont pas encore eu de signal clair de la part du gouvernement.

«Quand on entend le discours ambiant, on se dit qu’il est probable que notre tour s’en vienne bientôt, a dit la directrice de la protection de la jeunesse du Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire, Michelle Dionne. C’est là qu’on se dit qu’il faut faire attention comme société. Est-ce qu’on est conscient que les enfants représentent l’avenir du monde?»

«Il n’est pas question de couper dans les services», a répliqué la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois. Elle a insisté pour dire que s’il y a des compressions, elles toucheront essentiellement les services administratifs.

Jusqu’à présent, ce sont ces services administratifs qui ont fait les frais des réductions budgétaires des dernières années. «Quand on commence à réduire les services administratifs, qui sont en soutien aux services cliniques, les intervenants sont obligés à passer plus de temps à écrire des rapports et à remplir des formulaires plutôt que d’être dans les familles», a nuancé Mme Bérard.

La Fédération de la santé et des services sociaux croit pour sa part que les compressions ont déjà commencé à toucher les services donnés aux familles. Sa vice-présidente, Line Beaulieu, a notamment mentionné que les enfants du Québec sont de plus en plus exposés à des risques de négligence, de maltraitance et d’abandon et que les intervenants peinent à faire leur travail devant un tel défi. «On ne peut plus être complice de la détérioration de la situation des enfants au Québec, a dit Mme Beaulieu. Elle a rapporté que le tiers des intervenants des centres jeunesse quittent après une année de travail.

Si de nouvelles compressions devaient être imposées aux centres jeunesse, il faudra prévoir des réductions de services et de nouvelles hausses de signalements. «Quand on n’investit pas de manière préventive dans l’intervention, il y a des coûts sociaux», a laissé tomber Madeleine Bérard.

Au Québec, au cours de la dernière année, 82 919 signalements d’enfants maltraités ont été retenus, ce qui représente une hausse de 3% par rapport à l’an passé et de 17,3% depuis 2010.

«Les scientifiques sont unanimes: ce qu’on ne fera pas durant la petite enfance, on sera rattrapé plus tard et de façon exponentielle», a dit Michelle Dionne.

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