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Y'a des fois…

C’est vendredi que sort en salles le très attendu J’ai tué ma mère du cinéaste et comédien Xavier Dolan. J’ai eu le privilège de voir la chose la semaine dernière et, croyez-moi, ce film mérite toute l’attention qu’on lui accorde présentement. Une attention rare pour un film d’auteur. Ça fait changement des blockbusters farcis à coups de gros noms comme il en faut immanquablement pour obtenir du financement auprès de nos institutions.

Considérant son très jeune âge, on le répète souvent tant c’est exceptionnel, Xavier Dolan est un créateur fort doué. Lui le premier ne semble d’ailleurs pas en douter un seul instant. Ce film amorce, c’est évident, le début d’une ouvre des plus prometteuses. Ce qui ne veut pas dire que le surdoué soit surdoué sur tous les plans.  Ce qui est rassurant… et paniquant à la fois.

Ce scénario, Dolan l’a écrit alors qu’il avait 16 ou 17 ans. Et ça paraît. Parce qu’on y retrouve toute la mauvaise foi, la certitude aveugle et la cruauté qui habitent généralement les adolescents de cet âge-là. Après des siècles d’enquête, on n’a pas encore trouvé ce qu’ils avaient tant à reprocher à leurs parents, en particulier à leur mère. Dans le film qui nous préoccupe, on a l’impression que le jeune reproche surtout à sa mère d’être vivante…

Pour m’amuser, je me suis permis d’inverser la proposition du film. Qu’est-ce qu’une mère pourrait avoir envie de faire à son ti-cul de 17 ans qui a décidé d’écourer le peuple, en commençant par elle? L’épauler inconditionnellement alors qu’il entreprend son chemin dans le monde en pissant sur le reste de l’humanité? Dans notre culture, les ados ont acquis le droit d’être insupportables. En ce sens, le personnage d’Hubert (joué par Dolan) est sublime. Dans le film, il y a au moins une bonne douzaine de fois où il ne mériterait rien de moins qu’un bon coup de pied au derrière. Pourtant, tout lui est toujours pardonné.

Moi, être la mère d’un enfant – aussi brillant soit-il – qui aurait fait un film aussi ingrat, j’aurais peut-être eu envie de lui répondre en écrivant mes mémoires. J’ai même un titre à suggérer : Y a eu des fois, mon p’tit c…, moi aussi j’t’aurais tué!

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