MONTRÉAL – Après la CSQ et la FTQ, mardi, La Presse Canadienne a appris
que des centaines de professeurs des niveaux collégial et universitaire
appuient les étudiants actuellement en grève.
Depuis lundi, plus de 1300 enseignants ont signé un manifeste en guise
de solidarité au mouvement étudiant qui conteste la hausse prévue des
droits de scolarité.
Le document a déjà reçu l’appui de signataires notoires dont Guy Rocher,
sociologue engagé de l’Université de Montréal qui a été membre de la
Commission royale d’enquête sur l’enseignement au Québec (commission
Parent) au début des années 1960, et Georges Leroux, spécialiste de la
philosophie ancienne de l’Université du Québec à Montréal et
correspondant canadien à l’Unesco.
Outre leurs arguments contre une hausse du niveau d’endettement des
étudiants et de la diminution de l’accessibilité aux études supérieures,
les professeurs s’inquiètent de « la logique de privatisation du
financement des services publics » du gouvernement Charest.
« Nous, professeur(e)s qui souhaitons léguer un savoir à tous ceux et
celles qui désirent s’instruire, appuyons les étudiant(e)s en grève dans
leur défense démocratique de l’accessibilité aux études universitaires
et dans leur opposition justifiée à la marchandisation de l’éducation.
Nous disons à cette jeunesse étudiante qui se tient debout qu’elle n’est
pas seule », peut-on lire dans un document qui circule auprès des
enseignants des niveaux collégial et universitaire de la province et
dont La Presse Canadienne a obtenu copie.
Le manifeste s’intitule « Nous sommes tous étudiants! », soulignant que
les professeurs demeurent en mode apprentissage. Il s’agit aussi d’un
clin d’oeil social au fameux slogan « Nous sommes tous des juifs
allemands! », de mai 68, en France.
L’objectif des auteurs, les enseignants Anne-Marie Le Saux, du Collège
de Maisonneuve, Benoit Guilmain, du Collège Édouard-Montpetit et
Stéphane Thellen, du Cégep du Vieux Montréal, est d’amasser 1625
signatures d’ici la publication prévue de l’écrit jeudi.
Ce nombre
symbolique correspond à la hausse des frais de scolarité prévue, en
dollars, au terme des cinq prochaines années au Québec.
Ces professeurs et plusieurs de leurs collègues font actuellement la
tournée des collèges afin de se joindre à la mobilisation étudiante. Ils
devaient se rendre au Collège de Maisonneuve mercredi.
Le texte précédant la pétition soutient que le ministre des Finances,
Raymond Bachand, s’attaque aux acquis de la Révolution tranquille en
ramenant les droits de scolarité à ce qu’ils étaient avant 1968, lorsque
l’université était essentiellement réservée à une élite masculine.
On peut aussi y lire qu' »au-delà des revendications légitimes liées à la
précarité de la condition étudiante, c’est l’avenir de l’éducation et
de la société québécoise qui est en jeu dans le conflit qui oppose les
étudiants au gouvernement. »