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Duceppe prudent devant les surplus à Ottawa

Fannie Olivier - La Presse Canadienne

MONTRÉAL — À quoi bon jouir d’un surplus au fédéral quand les provinces risquent d’être en faillite d’ici 30 ans, s’est demandé Gilles Duceppe, alors que la nouvelle d’un surplus budgétaire pour 2014-2015 faisait sourire à Ottawa.

Le gouvernement fédéral a annoncé lundi un excédent budgétaire de 1,9 milliard $ pour l’an dernier, soit un an plus tôt que ce qui était d’abord prévu par les troupes de Stephen Harper.

Mais alors que l’information réjouissait conservateurs et néo-démocrates — qui promettent tous deux un budget équilibré pour l’an prochain — le chef bloquiste s’est montré circonspect. Il a signalé que les dépenses en santé montaient en flèche avec le vieillissement de la population, et que ce serait aux provinces de payer l’addition si rien n’était fait pour équilibrer les choses à Ottawa.

«C’est le Directeur parlementaire du budget qui l’a dit. Si on n’augmente pas les transferts en santé, avec le vieillissement de la population, ça va coûter excessivement cher aux provinces», a-t-il lancé en entrevue en marge du Forum montréalais sur le logement et la santé.

M. Duceppe a aussi insisté sur le fait que le surplus dévoilé ne voulait pas dire pour autant que le Canada était sorti de la crise économique. «C’est deux choses différentes. Autant en profiter, si vraiment il y a de tels surplus, pour investir et non pas pour arriver au déficit zéro», a-t-il dit.

M. Duceppe était à Montréal pour rencontrer le maire Denis Coderre, également ex-député libéral fédéral. Autrefois coriaces adversaires politiques, MM. Duceppe et Coderre ont enterré depuis la hache de guerre et partagent désormais une même vision pour le développement de la métropole québécoise.

Leur entretien a surtout porté sur les investissements en infrastructures. M. Duceppe aimerait qu’Ottawa s’engage à revoir le mode de financement des projets d’infrastructure en faisant payer une portion moindre aux municipalités. M. Coderre demande pour sa part un financement stable en la matière et une enveloppe garnie de 77 millions $ de plus que celle qu’il reçoit actuellement pour les projets de la métropole.

Depuis le début de la campagne, M. Coderre a rencontré le chef libéral fédéral Justin Trudeau et la verte Elizabeth May. Il doit faire de même avec le néo-démocrate Thomas Mulcair, mais n’a pas encore eu de réponse positive pour un entretien avec le chef conservateur, M. Harper.

Dans une campagne électorale où trois partis se livrent une chaude lutte pour être en mesure de former le gouvernement le 19 octobre, y a-t-il un intérêt à rencontrer M. Duceppe, le chef d’un parti qui ne peut accéder au pouvoir à Ottawa?

«Dans le contexte du parlementarisme britannique, on a besoin d’hommes et de femmes des deux côtés de la Chambre pour nous assurer qu’on puisse passer les messages, a répliqué M. Coderre. Si vous avez en plus des gouvernements minoritaires, vous avez besoin de tout le monde.»

Au cours de leur point de presse conjoint, le chef bloquiste s’est dit favorable à ce qu’Ottawa finance les fêtes du 375e anniversaire de Montréal, même si cela signifiait qu’elles aient lieu sous l’égide de celles du 150e anniversaire du Canada, les deux fêtes étant prévues pour 2017.

«Quelle que soit l’avenue, moi, dans la mesure où Montréal a sa part et que c’est reconnu, je ne me chicanerai pas longtemps à savoir dans quel portefeuille ils prennent (l’argent)», a affirmé M. Duceppe.

Pour l’instant, le fédéral s’est peu engagé en vue des fêtes du 375e, et il est grand temps que la métropole ait sa «juste part», aux yeux de M. Duceppe.

L’autobus de M. Duceppe prend la route pour l’Estrie, où il fera campagne mardi.

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