Les chauffeurs de taxi mettent la pression sur le gouvernement pour qu’il adopte le projet de loi sur le taxi avant vendredi, mais la Coalition avenir Québec prédit qu’il est déjà trop tard.
Principale cible des propriétaires de taxi et de limousine: la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault est accusée de faire de l’obstruction parlementaire. «Le Parti libéral du Québec a tous les éléments en main pour que la loi soit adoptée avant la fin de la session parlementaire, vendredi. On demande à François Legault de cesser son obstruction politique», a déclaré lundi Benoit Jugand, du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos qui représente les propriétaires de taxi.
Ce dernier était accompagné par Guy Chevrette, porte-parole de l’industrie à la Table de concertation et de développement de l’industrie du taxi. «Le gouvernement manque d’argent pour donner des bains dans les CHSLD, et on irait donner 5 mois de plus à des voleurs pour continuer leurs rides illégales», a ajouté M. Chevrette en référence à l’entreprise Uber accusée de faire de l’évitement fiscal.
M. Chevrette s’en est lui aussi pris aux élus de la CAQ qui auraient selon lui «parlé pour ne rien dire pendant une journée», afin de retarder les travaux parlementaires. Si le projet de loi 100 n’est pas adopté avant la fin de la session parlementaire, il sera remis à l’automne.
L’élu de la CAQ, François Bonnardel, réfute les accusations d’obstruction parlementaire. «On fait juste notre travail en posant des questions et il n’y a personne qui va nous dire comment faire notre travail», a rétorqué le député de Shefford en entrevue à Métro. Le projet de loi en est encore à la phase d’adoption du principe. L’étude détaillée ne devrait commencer que mercredi.
Si on ajoute la durée de la phase de prise en considération qui précède celle de l’adoption finale, prenant chacune au moins une journée, il serait étonnant que le projet de loi 100 ne soit adopté avant vendredi, dernier jour de la session parlementaire qui est traditionnellement réservé aux bilans et à l’étude de projets de loi privés, conclut M. Bonnardel.
Lundi, le cabinet du ministre des Transports, Jacques Daoust, réitérait sa volonté d’adopter la projet de loi avant le 10 juin. Selon Max-Louis Rosalbert, président du regroupement des propriétaires de taxis de Montréal, «si la CAQ ne veut pas collaborer comme le font les deux autres partis d’opposition, et continue d’utiliser tout le temps de parole de ses 20 députés pour ralentir les travaux le gouvernement devra utiliser la bâillon pour forcer l’adoption du projet de loi dans les temps».
Le projet de loi 100 forcerait notamment les chauffeurs Uber à louer des permis à raison de 300$ par semaine. les chauffeurs d’Uber devront aussi suivre une formation de 150 heures et acquérir un permis de conduire spécial. L’entreprise américaine devrait aussi s’engager à prélever la TPS et la TVQ dès le premier kilomètre parcouru. En contrepartie, les chauffeurs de taxi pourront être évalués par la clientèle et le paiement électronique sera obligatoire.
Selon la CAQ, ce projet de loi est un frein à l’innovation. Le parti recommande plutôt une «cohabitation équitable» entre le covoiturage de type Uber et l’industrie du taxi qui garderait certains privilèges tels que la possibilité de se faire héler et l’accès aux postes d’attente et aux voies réservées. «Ça ne se peut pas que le gouvernement qui se dit être le gouvernement de l’innovation et de l’économie, agisse comme si on était dans les années 1970», conclut M. Bonnardel.
