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Culture

Guillaume Arsenault: Mélodieuse dactylo

Avec Géophonik, on dirait bien que Guil­laume Arsenault est arrivé là où il souhaitait aller depuis quelques années.

Si son premier album avait été enregistré en 24 heures à la suite d’un prix gagné au Festival en chanson de Petite-Vallée, lequel consistait en une journée de studio, et s’il avait dû modérer son enthousiasme en créant le deuxième afin de se donner le temps de mieux maîtriser quelques techniques musicales, l’artiste compare, au figuré, son troisième album à un endroit où il fait bon être parvenu.

Cela faisait plusieurs années que Guillaume Arse­nault avait un concept en tête, et sur Géophonik, il s’est enfin permis de l’exploiter au maximum.

Ainsi, chacune des 15 chansons du nouvel album possède son propre univers sonore, créé à l’aide d’objets tels un téléphone, une porte de congélateur, une dactylo ou une hache.

«J’avais envie depuis longtemps de faire des bricolages avec les sons, explique l’artiste. Je trouvais intéressant de faire parler la musique.»

Pour y arriver, l’auteur-compositeur a dressé un inventaire de tous les sons qui pouvaient être jumelés aux paroles et aux mélodies de chacune de ses pièces.

Par exemple, pour la chanson Cyber, il a retenu des bruits de téléphone et de télécopieur.

«Sans tomber dans le bruitage inutile, je cherchais à créer un décor sonore en collant deux univers : le folk et l’électronique», explique-t-il.

Certaines chansons ont même été créées à partir des bruits. C’est le cas de Congé­lateur, qui a été imaginée de toutes pièces à partir de sons enregistrés au préalable.

«L’idée, finalement, c’est de dire que tout ce qui nous entoure est musique», ajoute Guillaume Arsenault.

Univers personnel
Écrites au fil de plusieurs années, les chansons de Géophonik sont inspirées de tout ce qui entoure l’artiste, aussi bien les objets du quotidien que sa Gaspésie natale ou les gens qui lui sont chers.

«J’aime recréer ce qui se trouve dans ma tête quand je ferme les yeux», explique celui qui est souvent comparer à Martin Léon et à Jérôme Minière, et qui se dit très inspiré par le groupe britannique Tunng.

Chansons en bois
Guillaume Arsenault fait lentement mais sûrement son chemin dans le paysage musical. Bien qu’il ait, au cours des années, gagné plusieurs prix dans différents festivals, l’artiste avoue qu’il s’interroge souvent sur le chemin à prendre et qu’entre ébénisterie et musique, son cÅ“ur balance.

«Parfois, je me dis que je devrais peut-être faire autre chose pour gagner ma vie, avoue-t-il. Mais au bout du compte, je commence à comprendre que la musique fait partie de moi. J’invente des chansons depuis que j’ai trois ou quatre ans. Il faut que je l’accepte et que je me dise que c’est ça, mon métier!»

D’ailleurs, même quand il fait de l’ébénisterie, il avoue y voir un certain rythme, une certaine musique.

«Les deux métiers se complètent», assure-t-il.

Entre le travail du bois et l’écriture de chansons, entre la Gaspésie où il vit et Montréal où il travaille souvent, la vie de Guillaume Arsenault semble être une sorte de mosaïque. Depuis plusieurs années, il trouve, en plus de ses diverses occupations d’ébéniste et de chanteur, le temps de donner des ateliers d’écriture dans les écoles et de s’investir dans Les Hameçons salés, un groupe qui présente dans tout le Québec un conte théâtral musical.

Et l’année qui vient s’annonce encore plus occupée, puisque le Gaspésien prévoit présenter un spectacle un peu partout au Québec.

«Je suis dans une belle période. C’est un beau trip d’arriver à intégrer sur scène les objets qu’on entend sur l’album!»

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