Début 2008, Corinne Bailey Rae est l’une des chanteuses britanniques les plus populaires de sa génération. Son premier album, éponyme, vient de franchir le cap des quatre millions d’exemplaires vendus dans le monde, en plus d’avoir récolté une pluie de récompenses. Mais le 22 mars de la même année, le décès de son mari musicien, Jason Rae, victime d’une surdose, propulse le nom de la jeune artiste à la page des faits divers et interrompt une ascension jusque-là fulgurante.
Deux ans plus tard, on la retrouve avec The Sea, un opus hanté par le souvenir de son conjoint, à l’image du superbe Are You Here. Lorsqu’on aborde la période douloureuse qu’elle vient de traverser, l’étoile de la chanson se retranche derrière un sourire tout à fait désarmant. «Je n’ai jamais pensé abandonner la musique et je n’ai jamais eu peur de m’y remettre, assure-t-elle. Tôt ou tard, je savais que j’écrirais des chansons et que j’aurais envie de les faire entendre.»
La renaissance
L’enregistrement de The Sea, réalisé l’an dernier à Manchester, en Angleterre, semble avoir été l’occasion d’une renaissance, tant personnelle que musicale, pour Corinne Bailey Rae. «Je ne me suis jamais reconnue dans l’étiquette néo-soul à l’américaine qu’on m’a collée à mes débuts», explique-t-elle.
«Bien sûr, j’aime la soul, j’aime le jazz, mais je suis aussi fan des groupes Led Zeppelin, TV on the Radio et Radiohead», poursuit la chanteuse. Le résultat, plus dense, plus éclectique aussi, constitue un écrin idéal pour une voix précieuse, aussi à l’aise sur les tempos élevés de The Blackest Lily et de Paper Dolls que sur l’ambiance feutrée de Closer.
«J’ai une relation amour-haine avec ma voix, révèle Corinne Bailey Rae. Je sais qu’elle n’est pas parfaite, mais mon but est d’en faire une force. Parce que lorsque je chante, je me sens libre.»
Corinne Bailey Rae
Au Club Soda
Ce soir à 20 h