Après le carton du tube Alors on danse, le chanteur belge d’origine rwandaise publie Cheese, un premier album surprenant à la croisée de l’électro et de la chanson. Rencontre avec un artiste singulier.
Les textes sont très sombres… N’est-ce pas un peu forcé?
Au contraire, c’est une philosophie de vie! Je préfère voir les choses de façon négative pour être agréablement surpris. Dans la vie, je m’imagine toujours le pire. On pourrait croire que c’est du spectaculaire sur certains titres, mais c’est juste la vraie vie.
Avant sa sortie, tu pensais que ton single Alors on danse allait être un flop?
Non, non, j’y croyais! Il n’y a pas meilleure satisfaction que d’être soutenu dans ton délire, dans l’orientation musicale que tu souhaites. C’est magnifique.
Si ton album était seulement hip-hop, tu crois que tu n’aurais pas eu autant de succès?
J’en suis persuadé. J’avais l’impression de ne pas pouvoir apporter quelque chose de nouveau au rap. J’avais une envie d’aller vers la dance music parce que mon petit frère m’a fait redécouvrir toute la période des années 1990. Même si on les a reniées après, c’était des années magnifiques. En plus, c’est européen, donc je me suis lancé.
Le côté très dansant de ta musique est-il une façon de contrebalancer la noirceur des textes?
Je pense que les deux choses ont la même importance, tout comme la musicalité des mots. C’est une symbiose, un mariage, le fond accompagne la forme. Même si ce n’est pas le premier truc qui vient à l’esprit, je pense que c’est possible de rendre la musique dansante plus humaine, un peu dans l’esprit du groupe britannique Faithless.
Pourquoi avoir appelé ton album Cheese?
C’est pour garder le côté ridicule du mot. Je suis sûr qu’une personne sur dix ne comprend pas le vrai sens du mot, quand ils l’utilisent pour prendre une photo. Ça représente plus le sourire que le mot smile ou sourire. C’est vraiment universel. On m’a déjà dit que j’avais appelé l’album Cheese parce que j’ai travaillé au Quick peut-être que c’est l’inconscient qui parle!
Quand tu réécoutes l’album, tu trouves les textes pessimistes ou réalistes?
Étant donné qu’on est dans une période plutôt noire et pessimiste, c’est l’intérêt général qui dira que c’est réaliste. Après, ce n’est pas une période si merdique que ça. Les gens continuent à vivre, c’est de la masturbation politique et médiatique de dire que tout va mal. Ce sont des faux prétextes qui servent à détourner l’attention.
Stromae
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