Culture

Xavier Dolan: Prophète en son pays?

Marc-André Lemieux - Métro

Xavier Dolan ne s’en cache pas : il n’est pas insensible à la critique. «Je lis tout ce qu’on écrit, avoue le jeune cinéaste de 21 ans en entrevue. Je sais très bien que je suis très jeune et que j’ai beaucoup à apprendre. Je n’en suis pas à un stade de ma vie où je peux me permettre de dire : « Je n’ai pas besoin de l’opinion des autres parce que je ne fais pas ça pour plaire. »

C’est faux. On fait toujours ça pour plaire ou pour se faire aimer. Forcément, il y a des gens qui détestent mon travail ou qui y sont très réfractaires. Ça représente une forme de blessure.» Cette blessure, note-t-il, est d’autant plus vive lorsqu’elle émane du Québec. De retour du Festival de Cannes, où son deuxième film a enchanté plus d’un membre de la presse étrangère, Dolan se crispe à l’idée que Les amours imaginaires provoque un enthousiasme moins grand à la maison.

Si l’avis de ses compatriotes pouvait faire écho aux commentaires élogieux des Cahiers du cinéma et des Inrockuptibles, l’étoile montante du septième art international s’en verrait ravie, voire soulagée. «Je peux dire une chose : pour moi, c’est important que le Québec suive. C’est mon pays, ma famille, mes amis. C’est l’endroit et le gen­tilé que j’essaie de défendre à l’étranger… déclare-t-il, visiblement ému. C’est sûr qu’il y a une relation amour-haine avec le Québec, mais ça ne m’empêche pas de le regarder avec beaucoup d’admiration et une certaine fascination… J’ai juste envie que ça soit réciproque.»

C’est donc avec une certaine appréhension que Xavier Dolan présente Les amours imaginaires, son deuxième film après J’ai tué ma mère, qui a raflé trois prix à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes en 2009. Véritable variation sur l’amour inaccessible, la dernière offrande du cinéaste brosse le portrait de Francis (Xavier Dolan) et Marie (Monia Chokri), deux amis d’enfance qui tombent sous le charme de Nicolas (Niels Schneider), un beau grand blond aux cheveux bouclés qui leur envoie des signaux ambigus.

«Ce n’est pas un scénario conventionnel. Ce n’est pas formaté selon des règles de revirement à la page 49, de cataclysme et de résolution des problèmes, commente Xavier Dolan. C’est un film fragmenté, chapitré sur la chute amoureuse. Et c’est surtout une intrigue frugale constituée à l’image de la quête des personnages, qui est illusoire. Il n’y a pas vraiment d’histoire, mais tout ça est volontaire. Ce n’est pas un défaut; c’est une intention.»

Les amours imaginaires
En salle le 11 juin

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