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Culture

Marécages: Retour aux sources

Jessica Émond-Ferrat - Métro

On sait que Marécages nous entraînera dans le quotidien d’une famille d’agriculteurs qui vivent sur une ferme laitière et qui ont vécu un drame. On sait aussi qu’on y suivra l’éveil sexuel d’un adolescent de 14 ans. Mais le réalisateur, Guy Édoin, ne veut pas en révéler davantage. «Personnellement, quand je vais au cinéma, j’aime être surpris, donc j’aime bien protéger mes intrigues», explique-t-il.

En tournage depuis le 12 juillet, Marécages est le premier long métrage de Guy Édoin, tourné en partie sur la ferme de ses parents. «C’est un gros trip familial, et sans l’apport de ma famille, ce film-là ne pourrait pas se faire. Le budget (2,9?M$) est tellement petit par rapport à nos ambitions qu’il faut faire des miracles.»

Le producteur Luc Vandal affirme lui aussi que l’aide de la famille du réalisateur aura été essentielle au bon déroulement du tournage. «Même si les comédiens sont très débrouillards, les parents de Guy les aident énormément quand vient le temps de traire les vaches ou de conduire de la machinerie lourde», dit-il.

Si le cinéaste de 29 ans admet avoir utilisé les souvenirs de son enfance sur une ferme, il soutient toutefois que son scénario n’est pas pour autant autobiographique. «Ce sont plutôt de petits éléments qui rendent le récit plus crédible. Par exemple, l’histoire se passe pendant une canicule, et à cause du manque d’eau, tout le monde prend son bain dans la même eau… Ma connaissance de la ferme m’a aussi aidé à ce que tout fonctionne bien.»

Guy Édoin se dit très satisfait de son équipe.?«Si j’ai un talent dans la vie, c’est celui de bien m’entourer! rigole-t-il. J’ai eu la chance d’être parmi des gens qui ont beaucoup d’expérience, dont Luc Picard et Pascale Bussières. Au départ, mon idée était d’ajouter du réalisme en choisissant des acteurs moins connus, mais finalement, en les rencontrant, ç’a été le coup de cÅ“ur!»

Pascale Bussières était familière avec le travail de Guy Édoin, puisqu’elle avait fait partie d’un jury pour un concours où celui-ci avait présenté une trilogie de courts métrages. «Je trouvais qu’il avait vraiment un regard de cinéaste, et quand j’ai reçu son scénario, j’ai retrouvé cette même maîtrise, affirme-t-elle. On est plutôt dans l’ordre de la tragédie grecque que du simple drame familial. C’est plus grand que nature même si c’est très réaliste. C’est d’une grande beauté. Et je n’ai pas l’impression de travailler avec un débutant.»

Gabriel Maillé (1981, C’est pas moi je le jure!) a quant à lui beaucoup aimé avoir l’occasion de se familiariser avec le monde agricole. «Je n’aurais jamais eu cette opportunité autrement!» dit le jeune homme de 14 ans. Luc Picard abonde dans ce sens : «On est sur une vraie ferme, dirigés par quelqu’un qui a vécu dans ce monde, et ça rend les choses beaucoup plus faciles pour nous.» Marécages prendra l’affiche en 2011.

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