Les chiffres ne mentent pas. L’incursion de Sylvain Cossette dans les années 1970 est un véritable triomphe. Les deux premiers albums se sont écoulés à 260 000 exemplaires et près d’un million de gens ont vu la tournée en découlant. Les critiques ont beau fuser, Sylvain Cossette assume pleinement son exploit. «C’est drôle d’avoir à justifier un tel succès. D’habitude, c’est le genre de truc qui arrive quand tu fais quelque chose de mal, comme une infraction au code de la route : « Monsieur l’agent, je n’ai pas vu le stop! » illustre le chanteur. Ce n’est pas comme si j’avais volé la place d’un vrai acteur pour jouer dans un film, pis qu’en bout de ligne, j’avais été poche. Dans ce cas-là, je comprendrais que j’aie des comptes à rendre. Mais là… Disons que ça m’étonne.»
Si Cossette hésite à parler de jalousie dans le milieu du disque, il ne se gêne pas pour raconter une anecdote révélatrice sur la réaction de ses collègues quant à sa réussite : «Des chanteurs sont venus me voir en me disant : « Ouin. Avoir su, on en aurait repris, nous autres aussi, des tounes des autres! » J’avais juste envie de leur dire : « Eh ben, si tu penses que tu peux le faire mieux que moi, vas-y fort! »»
Préférant écouter les acclamations de ses fans plutôt que les ragots de l’industrie, Sylvain Cossette persiste et signe avec 70s Volume 3. Le chanteur y reprend une douzaine de titres rock, parmi lesquels figurent A Horse With No Name (America), Maggie May (Rod Stewart) et Takin’ Care of Business (BTO). Si l’album réalisé par Matt Laurent propose plusieurs versions collées sur les pièces originales, comme My Sharona (The Knack) et Live and Let Die (Paul McCartney & Wings), il offre aussi des morceaux qui s’éloignent passablement de leurs prédécesseurs, comme Brother Louie (Stories) et Solsburry Hill (Peter Gabriel).
Une seule constante : il s’agit de chansons bien connues de la masse. «Je pense toujours au public, souligne-t-il. Je n’irai pas mettre des tounes obscures que les gens ne connaissent pas juste parce que j’ai le goût de les chanter.» En ce qui concerne Give A Little Bit, de Supertramp, Cossette note que c’est à la suite de sa rencontre avec Roger Hodgson au dernier Festival d’été de Québec qu’il a décidé d’enregistrer cette pièce, lui qui voulait à l’origine reprendre un autre tube du groupe britannique, The Logical Song. «Il m’a dit qu’il ne percevait plus de droits d’auteur sur Give a Little Bit et qu’il versait toutes les royautés à des Å“uvres de charité», révèle le chanteur québécois.
Pour sa prochaine tournée, qui débutera en septembre 2011, Sylvain Cossette promet la totale : une nouvelle mise en scène, des éclairages à la fine pointe de la technologie et une cascade de tubes. Le tout dans le but de répondre aux attentes de ses fans, dont certain ont vu les spectacles précédents à trois, quatre ou même cinq reprises. «C’est notre Broue à nous autres!» s’exclame-t-il.
Led Zep, version Cossette
Après s’être délié les cordes vocales sur la célèbre Bohemian Rhapsody de Queen sur 70s Volume 2, Sylvain Cossette s’attaque aujourd’hui à un autre classique de l’époque, Stairway to Heaven, de Led Zeppelin. De son propre aveu, l’artiste de 47 ans a longuement hésité avant d’inclure sa relecture du tube de Jimmy Page et de Robert Plant sur sa nouveau CD. «Je trouvais ça délicat. C’est une chanson mythique. Je ne savais pas si les gens voulaient vraiment que je touche à ça», explique celui qui a finalement choisi d’offrir à ses fans une version live du titre.
70s Volume 3
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