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Pax Americana: La guerre des étoiles

George Lucas a-t-il été prophétique en intitulant son opus La guerre des étoiles? C’est ce qui semble ressortir du documentaire Pax Americana, qui montre le pouvoir que détiennent de plus en plus les États-Unis dans l’espace, militarisant leurs industries afin de damner le pion à leurs compétiteurs, notamment à la Chine et à la Russie.

Cet essai a pourtant failli ne jamais voir le jour. À l’été 2006, le cinéaste Denis Deles­trac et le scénariste Harold Crooks ont approché Radio-Canada avec leurs recherches exhaustives réalisées en anglais. Si le sujet faisait l’unanimité, ce n’était pas le cas de la ligne directrice, qui a été réalignée et adaptée en français par le romancier Louis Leblanc. De quoi satisfaire les exigen­ces de la SRC et de CBC et  convaincre le partenaire français Arte d’investir dans le projet.

Plus connu pour ses écrits littéraires comme Le canard de bois, qui porte sur les Patriotes, Louis Leblanc touchait au documentaire pour la première fois. Sans parler du fait qu’il n’était pas du tout familier avec les thèmes abordés. «La façon la plus sûre et la plus certaine de faire un documentaire intéressant est de ne pas connaître le sujet, dit-il. L’intérêt que tu prends à un sujet, c’est ta garantie que tu vas le développer d’une façon convenable pour ceux qui ne le connaissent pas.»

La matière en question est tellement complexe et abondante qu’il aurait été facile de perdre le public, qui n’est pas nécessairement un expert des questions stratégiques et politiques. «Il faut amener les spectateurs à découvrir et à comprendre en même temps que toi, poursuit celui qui a été le co-scénariste de la première série Lance et compte. J’appelle ça de l’empathie. Tu ne les prends pas par la main, mais tu ne les prends pas pour des imbéciles non plus, ni pour des gens qui connaissent tout.» Cela passe par le traitement cinématographique (le rythme rapide, la musique d’Amon Tobin), mais aussi par la qualité des sources, qui vont de Noam Chomsky à l’acteur Martin Sheen.

À ce chapitre, la fille de l’astronaute Marc Garneau, Simone, a participé aux recherches afin de trouver un savant ou un militaire difficilement acces­sible afin d’étayer le propos. Entre la capacité qu’ont les principales puissances à détruire des satellites et les risques de conflits à l’échelle planétaire qui peuvent survenir presque à tout moment, deux aspects du film ont particulièrement ébranlé l’ancien journaliste Louis Leblanc. «J’ai eu une espèce de désillusion à propos de l’auréole de la NASA, qui est censée être un organisme au-dessus de tout soupçon et qui ne l’est pas, collaborant avec le complexe militaro-industriel  pour mettre au point toutes sortes de gadgets plus ou moins belliqueux dans l’espace, prétendument pour se dé­fendre. Et on m’a encore une fois démontré que les politiciens américains, même jus­qu’à tout récemment avec le président Obama, n’ont pas grand pouvoir sur la façon dont les choses se passent.»

Pax Americana
En salle dès vendredi

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