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Ludivine Sagnier: bien loin de La piscine

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Ludivine Sagnier aime diversifier ses rôles. Celle qu’on a d’abord con­nue par son rôle dans Swimming Pool, de François Ozon, ne veut pas être identifiée à ce seul personnage. «Il y a eu un moment, après Swimming Pool, où, aux États-Unis, j’avais un peu une image de bimbo; les gens avaient l’impression que j’étais chaude comme la braise et que j’allais me foutre à poil pendant mes interviews! se souvient l’actrice. Je ne comprenais pas, parce que Swimming Pool, pour moi, c’était un rôle de composition, un travail. Du coup, c’est peut-être pour ça qu’après, j’ai voulu me diversifier au maximum pour brouiller les pistes.»

C’est entre autres pour cette raison que, quand elle a reçu l’appel d’Alain Corneau lui proposant le rôle principal de Crime d’amour, elle a accepté sans hésiter. «J’étais très fière parce que c’est un des plus grands cinéastes français, affirme-t-elle. J’étais contente, sachant en plus que Kristen Scott Thomas s’associait au projet.» La jeune femme affirme d’ailleurs avoir eu un plaisir fou à tourner avec cette dernière. «On était deux gamines qui s’amusaient à jouer à la gentille et à la méchante; Kristen se sentait comme la vilaine reine de Blanche-Neige. Nous nous amusions à nous détester, et quand on coupait, nous explosions de rire.»

Dans Crime d’amour, Ludivine Sagnier interprète Isabelle, une jeune femme qui travaille pour une patronne manipulatrice qui l’utilise pour faire avancer sa propre carrière. Excédée par cette relation toxique, Isabelle échafaude un plan sans faille pour éliminer sa rivale et prendre sa place. «Je me suis laissée complètement avoir en lisant le scénario, avoue la comédienne. Et puis, comme je joue souvent des personnages très expressifs, l’idée d’être tout en retenue, en solitude, me semblait génial.»

Incarner ce rôle, de l’aveu de Ludivine Sagnier, n’a pas été de tout repos. «Je rentrais chez moi complètement épuisée, comme si j’avais un lourd secret à porter, raconte-t-elle. Interpréter ce personnage très dense a été un travail compliqué, un peu comme construire une ma­quette d’avion.» Un travail d’autant plus compliqué qu’une fois le personnage de Kristen Scott Thomas disparu, la jeune actrice s’est retrouvée complètement seule pour plusieurs scènes.

«C’était tout un défi, admet-elle. Jouer, c’est répondre, réagir. Heureusement, Alain me donnait beaucoup de pistes. Il disait qu’il était un peu comme mon personnage, qu’il partageait son désir d’ordre et de discipline.» Comme bien d’autres, l’actrice a été peinée par la disparition du réalisateur, décédé en août : «C’était un passionné de cinéma, et même s’il ignorait qu’il était malade au moment du tournage, on le sentait pressé, déterminé à faire ce film. Il est parti une semaine après la sortie, donc il a au moins eu le temps de lâcher le bébé, comme on dit!»

Crime d’amour
En salle dès vendredi

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