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Culture

Au cœur des vraies affaires de la vie

Babel, Crash, The Edge of Heaven… Le manque de communication est généralement au cÅ“ur de tous les films choraux, et il en va de même pour Reste avec moi, la nouvelle réalisation de Robert Ménard qui a été écrite par sa fidèle collaboratrice Claire Wojas. «C’est typique de la société d’aujourd’hui, lance, affable, la comédienne Maxim Roy, qui campe une femme carriériste. On dit qu’on a une grande communication, mais je pense que c’est l’opposé. Les Facebook, Twitter, etc., ça fait juste mener à des conversations superficielles, à rien de profond.»

Cinq histoires traversent ce drame urbain où des acteurs connus (Danielle Proulx, Julie Perreault, le revenant Gérard Poirier) imitent Dante en descendant aux enfers. Les sujets abordés vont de l’immigration à la maladie d’Alzheimer, wn passant par la disparition d’une fillette, l’alcoolisme d’une mère et la réconciliation d’une famille éclatée. «Je voulais les vraies affaires, pas des résolutions pathos ou le traditionnel happy ending, assure le cinéaste. La sincérité évite les lourdeurs et que tout soit arrangé avec le gars des vues.»

Ce qui en ressort ne donne toutefois pas le goût d’habiter Montréal. «Va voir comment les immigrants de Parc-Extension vivent et où ils habitent, met au défi le créateur des deux Cruising Bar. J’ai fait du repérage et je n’ai pas été capable de tourner dans les vrais lieux. On me disait de ne pas m’y rendre, car j’allais me faire tuer, qu’on allait démolir les caméras.»

Dans l’une des cinq histoire, on trouve Louis Morissette qui incarne un homme qui nage dans le bonheur… jusqu’au moment où il apprend que sa copine (Maxim Roy) attend un enfant qui a de fortes chances d’être trisomique. Elle veut arrêter sa grossesse, il aimerait qu’elle la poursuive. Des rôles qui sont inversés par rapport aux clichés habituels. «Je pense que c’est ça aussi, le Québec moderne, fait remarquer celui qui était récemment à l’affiche de Cabotins. Les femmes ont des carrières et elles pensent à long terme. C’est convenu que la femme sauvera la famille et que l’homme préservera son autonomie. Ici, c’est le contraire.»

Face aux critiques
Les deux précédents longs métrages de Robert Ménard – des comédies – se sont attiré les foudres des critiques. Bien que Cruising Bar 2 ait obtenu un franc succès au guichet, Le bonheur de Pierre a mordu la poussière.  «Je fais un métier pour être critiqué, concède le metteur en scène. Si tu n’aimes pas mon film, c’est d’accord. Tu le dis une fois et c’est fini. Mais si tu en parles pendant sept ou huit semaines, c’est du derby de démolition, et ça, je ne le prends pas. C’est fatigant et c’est très dur. Si tu n’aimes pas le film, pourquoi tu en parles? C’est ça qui s’est passé avec Le bonheur de Pierre. Ça fait fuir le monde. À l’étranger, les gens ne se posent pas de questions. Ils regardent le film et ils aiment ça. Je me croise les doigts pour Reste avec moi…»

Reste avec moi

En salle dès vendredi

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