Le téléspectateur est averti dès les premiers épisodes : dans 30 vies, Marina Orsini n’incarne pas une superwoman de l’enseignement, ses élèves de secondaire 5 ne sont ni des anges, ni des démons et l’école du Vieux-Havre n’est ni un havre de paix, ni le QG d’une gang de dangereux délinquants.
Dans les quatre premiers épisodes de la série, présentés mercredi à la presse, l’enseignante de français Gabrielle Fortin (Marina Orsini) se penche sur le cas de l’un de ses élèves, Dominique Veilleux (Antoine Pilon), qui présente soudainement des problèmes de lecture. En se plongeant dans son univers familial, on découvre un père au chômage devenu hargneux avec son épouse qui subvient aux besoins de la famille, une mère enfermée dans un mensonge et prise au piège par un patron très entreprenant et un adolescent qui ramène de l’argent à la maison dans une mystérieuse enveloppe brune.
Le choix de Fabienne Larouche de suivre un même élève pendant quatre ou huit épisodes permet une narration lente qui répond assez bien au quotidien raconté sans extravagances ni fioritures. On se prend à observer les autres élèves du coin de l’Å“il, pour tenter de deviner s’ils seront à l’affiche des prochains épisodes. Quelques pistes semblent d’ailleurs se dessiner. Si Fabienne Larouche a souhaité mettre en avant le côté humain et quotidien de ses personnages, c’est pour se rapprocher de la réalité. «Je me suis rendu compte que les enseignants ne parlaient pas de représentants syndicaux ou de directeurs d’école, raconte l’auteure, mais vraiment des enfants, de leur famille.»
Si elle reste dans le milieu de l’enseignement, la série se différencie de Virginie par un ton plus dramatique, un ton qui, s’il détonne trop par rapport à la tranche horaire, pourra être «ajusté», a expliqué le directeur des émissions dramatiques et longs métrages de Radio-Canada, André Beraud. Tout dépendra de l’accueil du public.
Ces quatre premiers épisodes mettent en place les intrigues secondaires qui donnent du relief à la série. Reste à voir si Fabienne Larouche réussira à maintenir ses personnages dans ce quotidien lent mais plausible, ou si le scénario tombera dans le piège de l’exceptionnel, qui l’éloignerait de la
Les plus
- La réalisation de François Bouvier, simple et efficace. En raison du rythme auquel les épisodes sont tournés (un par jour), le réalisateur-coordinateur va en partie déléguer le travail.
- Le débat sur l’éducation qui s’annonce entre la conception de l’enseignement «à l’ancienne» de Gabrielle Fortin, l’esprit d’équipe prôné par le directeur de l’école du Vieux-Havre (Widemir Normil) et l’école privée fréquentée par les enfants de l’héroïne.
- Le caractère d’ours mal léché de Gabrielle?Fortin, peu commode et bornée, mais malgré tout bonne mère, bonne épouse et bonne enseignante.
Les moins
- La famille trop parfaite formée par Marina Orsini, Jean-Nicolas Verreault et leurs trois enfants. Couple harmonieux, réussite professionnelle et enfants adorables, ils ont vraiment tout pour eux.
- Seule contre tous, Gabrielle Fortin se bat contre ses amis, sa collègue enseignante, le directeur de son école. Elle semble la seule à voir le problème de Dominique et à vouloir s’investir pour le résoudre
30 vies
À Radio-Canada
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