Enrique Iglesias a-t-il perdu de son pouvoir de séduction? Ô que non. Du moins, pas à en juger par les cris des 9 100 fans qui remplissaient le Théâtre du Cenre Bell jeudi soir.
Si Enrique peut se payer une enceinte de cette importance en 2011, c’est en grande partie grâce au succès remporté par son album bilingue, Euphoria, ainsi qu’à la pièce I Like it, un duo avec le rappeur cubain Pitbull qui tournait dans toutes les radios l’été dernier. Ce tube, le chanteur en avait grandement besoin. Car la deuxième moitié des années 2000 n’a pas souri au fils cadet de Julio.
Après s’être hissé au sommet des palmarès nord-américains au tournant du siècle avec ses premières escapades en anglais, le tombeur de ces dames a connu – à l’instar de son rival Ricky Martin – une période creuse pendant laquelle seule la presse à potins semblait lui consacrer quelques lignes… en raison de sa liaison avec la joueuse de tennis Anna Kournikova.
Jeudi soir, par contre, les ragots ont dû plier l’échine devant la pop vitaminée de la star latine. C’est aux alentours de 21 h 30, 60 minutes après l’heure prévue, qu’Enrique est apparu à la foule. Pour ce retard, blâmons le trafic de Toronto, qui a empêché son équipement de tournée d’arriver à Montréal à temps.
Après avoir proposé une version explicite de Tonight I’m Loving You («loving» a fait place à «f*ckin» en cours de route), l’interprète s’est lancé dans un duo virtuel avec Nicole Scherzinger qui apparaissait sur les écrans qui tapissaient l’arrière de la scène. Le répertoire espagnol de l’artiste de 35 ans a aussi reçu un accueil chaleureux de la part des spectateurs, grâce à des titres comme Nunca Te Olvidaré, Charismatique, Enrique Iglesias? Oui. Cool?
Aussi… et peut-être même trop. À quelques reprises pendant la soirée, on a souhaité qu’il se débarrasse de sa casquette et de sa façade de gars relax. Mais ce moment n’est jamais venu. Le chanteur a offert un début d’explication en milieu de concert. «J’ai failli annuler le concert à cause des antibiotiques qu’on m’a prescrits. Mais quand je vous ai vus, j’ai changé d’idée. Je vais tout donner», a-t-il dit.
Enrique a compensé son manque d’énergie par sa grande générosité, prenant plusieurs bains de foule et échangeant longuement avec les spectateurs. Durant Rythmn Divine, il a même glissé la caméra d’une de ses fans dans son pantalon pour prendre une photo de son entrejambe
Au rappel, il a donné le coup de grâce avec la ballade romantique Hero, qu’il a chantée à une admiratrice qu’il a fait monter sur une scène aménagée à l’autre bout de la patinoire. Au sortir de la salle, personne ne semblait se plaindre de la courte durée du concert (à peine 90 minutes).