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Culture

Carole Bouquet, la passionnée

Actrice lauréate d’un César, icône du chic français, égérie de la marque Chanel, femme engagée soutenant des causes qui lui tiennent à cÅ“ur, Carole Bouquet est une femme passionnée par tout ce qu’elle entreprend. Elle porte toujours autant d’amour à son art. «J’ai même plus d’amour pour le cinéma aujourd’hui que j’en avais il y a 30 ans, confie la comédienne française rencontrée dans les couloirs de Radio-Canada à la veille de son spectacle dans le cadre du festival Montréal en lumière, Lettres à Génica, folies d’amour. Quand on débute, on a peur, on est émue, tandis que maintenant, tout ça, c’est fini… Ce n’est plus que du plaisir.»

Découverte en 1977 par Luis Buñuel dans Cet obscur objet du désir, elle s’est glissée dans la peau de nombreux personnages très connus du public français et étranger. Hollywood lui a d’ailleurs fait de l’Å“il : elle sera en 1981 l’une des premières actrices françaises à revêtir le costume d’une James Bond girl dans Rien que pour vos yeux. En France, la consécration viendra en 1989, avec son rôle dans le film de Bertrand Blier Trop Belle pour toi, qui lui vaudra le César de la Meilleure actrice.

Pourtant, elle refuse d’être  perçue uniquement comme une icône. Et s’essaye dans des rôles plus comiques, piquants et cyniques. Le dernier en date, c’était aux côtés de Julie Depardieu dans Libre échange, où elle incarne une call-girl en fin de carrière. Le cinéma et les personnages dans lesquels elle accepte de se glisser sont «des accidents», selon ses propres mots. «Tout dépend du tournage, de la rencontre avec le metteur en scène; ce n’est pas seulement ce qu’il y a sur le papier, c’est une aventure ensemble, explique Carole Bouquet. Et ça devient des aventures plus ou moins réussies, mais ça, on ne le sait pas en partant.»

On pourra également la voir dans le film d’André Téchiné Impardonnables, qui sortira sur les écrans français au printemps, après le Festival de Cannes. Mais, au-delà de son talent et de sa beauté défiant les années, se cache une femme au grand cÅ“ur, révoltée et animée par des causes humanitaires pour lesquelles elle s’engage comme porte-parole. Elle est, entre autres, marraine d’Amnesty International. Et depuis 25 ans maintenant, elle milite contre l’enfance maltraitée par le biais de l’association La Voix de l’enfant. «Certes, être une personnalité, ça aide pour se faire entendre, reconnaît-elle. Mais s’indigner, se mettre en colère ne suffit pas. Il faut connaître les dossiers.» Prenant la cause des démunis à bras le corps, elle s’attache à faire bouger les choses pour chacune des causes dans lesquelles elle s’implique. «Si on veut obtenir des résultats, il faut une réelle implication, pour pouvoir ensuite aller frapper, tous les jours, à la porte des ministères et apporter des propositions concrètes», souligne Carole Bouquet.

Alors, entre ses actions humanitaires, ses plaidoiries auprès des hautes instances et les films ou les pièces de théâtre dans lesquels elle joue, l’actrice se passionne pour la vie avec un grand V. «Ça occupe pas mal de temps, conclut-elle avec un large sourire. J’aime la vie en général, les amis, les rencontres, la gastro­nomie, le vin, les bonnes bouffes avec des amis, le spectacle et le spectacle des autres, la littérature, la sculpture…»

Un autre moyen de s’exprimer
Les organisateurs de la 12e édition du festival Montréal en Lumière s’offrent une co-présidente d’honneur de premier plan en la personne de Carole Bouquet. Elle offre elle-même un spectacle. Après le théâtre et le cinéma, la comédienne s’essaye à un nouveau moyen d’expression : la lecture en musique de textes d’Antonin Artaud. «C’est différent du théâtre et du cinéma, reconnaît l’actrice. Il faut se plonger dans les textes, faire des choix, trouver une
cohérence pour essayer de passionner les gens.»

Son spectacle Lettres à Génica, folies d’amour est un montage de textes d’Artaud. «Ce sont des textes qui me plaisent. J’aime son écriture. À travers ces lettres, qui ne parlent pas de son intimité, ce sont de magnifiques poèmes d’amour que l’on découvre.» Seul regret de l’actrice : «C’est de ne pas pouvoir profiter du festival. Il faudra que je revienne l’année prochaine pour pouvoir assister aux spectacles et profiter de cette idée formidable qu’a eue la ville en se mettant en lumière à travers la gastronomie et la culture.»

Lettres à Génica, folies d’amour
Au Gésu
Vendredi et samedi soir à 20 h

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