C’était il y a 15 ans. Avec Scream (Frisson), le réalisateur Wes Craven et le scénariste Kevin Williamson redonnaient un coup de fouet au film d’horreur en jouant avec humour avec ses codes. Le tueur au masque inspiré du Cri d’Edvard Munch, la blonde ambitieuse, la brune introvertie, le shérif benêt et une phrase culte : «Aimes-tu les films d’horreur?»…
Un succès planétaire qui généra deux suites, au risque de tomber dans les travers que dénonçait l’original. Voilà pourquoi Craven et ses équipes ont pris leur temps avant de plancher sur un quatrième opus. «Une décennie est passée, bien identifiable en termes de cinéma, mais aussi de génération avec l’avènement du Net, des webcams, des réseaux sociaux, etc.», explique le cinéaste.
Dès le prologue, Scream 4 règle son compte au «torture porn», le sous-genre des Saw et Hostel, et se moque des suites, remakes et «reboots» qui pullulent sur les écrans. Une bonne dose de dérision au service d’une intrigue qui permet de faire revenir les acteurs originaux (Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette) et une bande de petits jeunes (Emma Roberts, Hayden Panettiere, Rory Culkin), gamins à l’époque du premier épisode. «Les premiers étaient ravis de revenir, car Scream représente un truc à part dans nos carrières», souligne Craven. «Les seconds étaient fans et, sur le tournage, ils sont venus me remercier de leur avoir donné des cauchemars!»
À 71 ans, comment ce natif de l’Ohio, qui débuta en 1972 avec La dernière maison sur la gauche, vit-il son statut de maître de l’horreur? «C’est un genre beaucoup moins restrictif qu’on le pense. L’horreur laisse de la place à l’imagination, permet d’aborder vos peurs les plus personnelles. Et ses héros sont aussi des gens ordinaires, pas seulement d’odieux serial killers !»
On se demande quand même si, à force d’en découdre avec le mal, le papa de Freddy Krueger arrive encore à frissonner dans son fauteuil. «C’est difficile et c’est pour ça qu’on organise des projections tests, parce qu’on n’a parfois plus le recul nécessaire. Mais récemment j’ai hurlé en plein milieu de Paranormal Activity, lorsque la jeune femme est tirée de son lit jusque dans l’escalier… Donc, oui, c’est toujours possible de me faire peur!»
Scream 4
En salle dès vendredi