Culture

La plus longue chanson de Daniel Bélanger

Il y a un an, Daniel Bélanger signait les mélodies de Belles-sÅ“urs, cette adaptation musicale de la populaire pièce de Michel Tremblay. Après la musique viennent les mots. Aujourd’hui, le chanteur publie aux Allusifs Auto-stop, un livre à mi-chemin entre le recueil de poésie et le roman intimiste.

On pourrait presque dire que Daniel Bélanger vient de pondre sa plus longue chanson. «Je suis un auteur-compositeur-interprète; je ne me prends pas pour un écrivain», insiste l’artiste en entrevue.

Auto-stop raconte l’histoire de Vincent, un jeune homme de 19 ans qui découvre l’amour au cours d’un périple en Italie. Écrit à la première personne, le récit n’est toutefois pas autobiographique. Du moins, dans son ensemble.

«C’est basé sur un voyage que j’ai fait, mais la seule chose que j’ai en commun avec ce personnage-là, c’est le billet d’avion, précise Bélanger. Comme lui, je suis allé en Europe à cet âge-là, mais pour le reste, il ne m’est pas arrivé le dixième de ce qu’il lui arrive là-dedans!»

Auto-stop n’est pas la première incursion de Daniel Bélanger dans le monde littéraire. En 2000, il proposait – entre deux CD – Erreur d’impression (Coronet liv), un recueil de 150 histoires aussi courtes qu’éclectiques. C’est à la demande expresse de Brigitte Bouchard, fondatrice des Allusifs, que Bélanger a accepté de ressortir sa plume. L’éditrice montréalaise souhaitait retenir les services du chanteur pour lancer en grandes pompes une nouvelle collection de livres portant sur les peurs.

Car le héros de Daniel Bélanger est paralysé par la peur d’exister, d’aimer et d’être aimé. «Vincent vit dans quel­que chose d’assez neutre depuis son enfance. Il vit dans un monde où il ne se passe rien, un monde sans aspérités. Aussitôt qu’il y a quelque chose de nouveau, ça l’effraie. C’est comme s’il sentait qu’il perdait le contrôle, explique Bélanger. Il continue de regarder le train passer jusqu’à ce qu’il rencontre Anna. À partir de ce moment-là, il s’assouplit et il s’ouvre sur le monde.»

Contrairement à son héros, ce n’est pas durant, mais bien au lendemain de son périple outre-Atlantique que Daniel Bélanger a donné raison au proverbe «Les voyages forment la
jeunesse.» «À mon retour, j’avais l’impression de n’avoir rien fait, de n’avoir rien accompli. C’est quand je me suis rendu compte que je regrettais d’être revenu que j’ai réalisé un truc: je devais arrêter de me protéger et de me priver de certaines expériences. De plusieurs façons, j’étais plus vieux à 19 ans que je le suis aujourd’hui!»

Daniel Bélanger dit avoir écrit Auto-stop à l’image des errances de son héros: en improvisant.
«Je n’avais pas de plan, de grille ou de structure sur laquelle m’appuyer, note-t-il. J’ai fait ce livre-là comme lui a fait son voyage: sans savoir où tout ça allait m’amener.»

Auto-stop
Aux éditions Les Allusifs
En librairie dès mercredi

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