La nuit de son bal de finissants, Mike (Ryan Kennedy), un adolescent bipolaire, se suicide en se noyant. Un an plus tard, son petit frère Jason (Adam Butcher) profite d’une cérémonie commémorative pour entraîner l’amoureuse et le meilleur ami de Mike dans une reconstitution de cette soirée, histoire de comprendre pourquoi son frère a décidé d’en finir avec la vie. Telle est la prémisse de The Bend (Virage), premier long métrage de la Canadienne Jennifer Kierans, qui aborde par la bande cette expérience marquante qu’est le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Métro s’est entretenu avec elle.
Comment est née l’idée de The Bend?
Je l’ai eue il y a très longtemps. Je voulais explorer ce moment où on réalise que la vie ne sera pas qu’un long fleuve tranquille. Ce constat, tout le monde le fait un jour ou l’autre. Pour certains, ça arrive plus tôt que pour d’autres… Ça a été le point de départ.
Vous abordez aussi le sujet de la bipolarité. Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à ce trouble?
Plusieurs membres de ma famille et un de mes amis doivent composer avec cette réalité. Je me suis dit qu’un diagnostic de bipolarité, pour un jeune, doit être quelque chose de très dur à surmonter, sachant qu’il va devoir vivre avec ce problème toute sa vie. Et le personnage qui met fin à ses jours au début du film est écrasé par cette nouvelle. Mais le message que je voulais envoyer est que, oui, c’est possible de surmonter un coup dur! Il ne faut pas abandonner; demain est un autre jour.
Avez-vous eu à faire beaucoup de recherches sur le sujet?
Le sujet m’intéressait avant même que je commence à écrire le film, donc j’avais déjà fait de nombreuses lectures et parlé à beaucoup de gens. Alors, quand j’ai rédigé le scénario, je crois que j’en connaissais vraiment un rayon sur la bipolarité pour quelqu’un qui n’en souffre pas. Et tous les gens qui ont vu le film jusqu’à présent semblent connaître quelqu’un qui est atteint de ce trouble et se disent touchés qu’on en parle.?C’est un sujet qui demeure assez tabou.
Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de ce film?
Le message d’espoir, celui selon lequel, même quand on se retrouve devant un virage particulièrement serré, dans la vie, il y a moyen de survivre si on prend une bonne respiration et qu’on continue.