Quelle barrière de la langue? Le groupe Yelle a beau chanter en français, ça ne l’a pas empêché de parcourir la planète après la parution de son premier disque, Pop-up (2007).
L’électro-dance du trio a connu un si grand succès à l’international que dans les mois précédant la parution de sa deuxième galette, Safari Disco Club, il recevait davantage d’appels venant des États-Unis que de sa propre patrie.
Voilà pourquoi il a choisi de donner le coup d’envoi de sa nouvelle tournée en Amérique du Nord, avec un concert au célèbre festival de musique Coachella, dans le sud de la Californie. «Les Français ont besoin d’écouter l’album, de lire les critiques, de regarder des émissions de télévision et d’entendre des chansons à la radio avant de se dire : « On va peut-être aller voir ce groupe en concert… » explique Julie Budet, la charismatique chanteuse de la formation. Du côté des Américains, la réaction a été instantanée. Ce sont eux qui ont répondu en premier.»
En dépit de cet engouement au pays de l’Oncle Sam, Yelle n’a pas cru bon de pondre quelques titres en anglais pendant la création de Safari Disco Club. «Pour nous, ça n’a aucun intérêt. Ce n’est pas à l’ordre du jour. Pas pour le moment en tout cas», affirme Julie Budet.
L’excentrique brunette et ses deux acolytes, Tepr et GrandMarnier, ressentent un trop grand attachement à leur langue maternelle pour accepter les propositions des gros labels américains qui les courtisent.
Et pas question de suivre le modèle instauré par ABBA et de traduire leurs chansons en fonction du territoire où elles sortent. «On est super fiers de cette langue. On la trouve belle. On trouve qu’elle sonne bien. Tant qu’à se casser la tête pour trouver des trucs intéressants à dire, on aime mieux le faire en français», explique Julie.
La chanteuse se fait plus douce et posée sur Safari Disco Club. À l’écoute du disque, on remarque que l’étoile a abandonné son personnage de garce finie qui souhaitait voir son ex-amant «dans un film pornographique en action avec [sa] bite» (Je veux te voir). Aujourd’hui, elle se révèle romantique – à la limite fleur bleue – sur des titres comme Que veux-tu, où elle témoigne d’un amour adolescent. «J’ai l’impression de ne pas avoir changé, insiste Julie Budet. J’ai toujours fait les choses de manière spontanée et honnête. On habite toujours en Bretagne. On est toujours proches de nos familles et de nos amis. On n’est pas venus habiter à Paris; on a fait cet album à la maison, dans notre studio. On ne s’est pas dit : « On va aller enregistrer à Los Angeles avec je sais pas quel mec parce que c’est cool. » On a créé notre label et on a fait les choses comme on l’entendait.»
Des larmes à Montréal
Julie Budet garde de très beaux souvenirs de son dernier passage à Montréal, qui remonte à l’été 2008, au Club Soda. «Pour nous, ç’a été un énorme coup de cÅ“ur, dit-elle. C’est la première fois que j’ai pleuré sur scène. C’était un moment très intense.» La chanteuse croit-elle vivre de pareilles émotions lorsqu’elle foulera les planches du National ce soir? «Je me suis préparée émotionnellement!» répond-elle en riant.
Yelle
Au National
Mardi soir à 20 h