Culture

Andy Serkis: l'homme-singe

Ned Ehrbar - Metro World News

Si vous avez besoin d’un comédien expert en captation de mouvements, Andy Serkis est votre hom­me. Cet acteur britannique a beau s’être montré sous son vrai jour à quel­ques reprises durant sa carrière, il a fait sa marque en incarnant Gollum dans la trilogie du Seigneur des anneaux et le gros gorille dans le remake de King Kong, dans les deux cas sous la direction de Peter Jackson.

Cette fois-ci, il enfile la combinaison de César, le primate assoiffé de liberté du dernier long métrage de Rupert Wyatt, Rise of the Planet of the Apes (La montée de la planète des singes).

Il n’y a pas de doute : Andy Serkis doit une bonne partie de sa renommée aux nouvelles technologies. Voilà pourquoi il s’attriste de voir les journalistes minimiser le talent des comédiens qui jouent dans des films bourrés d’effets spéciaux.

«J’ai l’impression qu’on ne veut plus célébrer les avancées technologiques. C’est comme si on refusait d’admettre qu’elles existent et qu’elles sont là pour rester, indique-t-il. Quand on y pense, la captation de mouvements, c’est juste une autre façon d’enregistrer la performance d’un acteur : c’est une simple technique qui permet de capter les mouvements d’un élément réel pour les renvoyer dans un monde virtuel.»

Des anecdotes de tournage impliquant diverses technologies, Serkis en a des tonnes à raconter. «Dans Le seigneur des anneaux, on filmait ma performance en format 35 mm, comme celles des autres acteurs, puis je devais revenir sur le plateau pour refaire la scène avec des marqueurs réfléchissants partout sur le corps. On n’avait pas beaucoup de caméras et on perdait le signal en temps réel une fois sur deux. On faisait donc de longues, très longues journées, dit-il. Et quand on a commencé à plancher sur King Kong, c’était la première fois qu’on utilisait la technique de captation optique de mouvements faciaux. À un certain point, on m’avait apposé 132 marqueurs sur le visage pour pouvoir reproduire les mimiques du gorille.»

Aux premières loges pour la plupart des grandes avancées technologiques en captation de mouvements, Serkis a toutefois brillé par son absence lorsque James Cameron a franchi une étape importante dans le domaine.

«On a fait un pas de géant avec Avatar, dit-il. Maintenant, on n’est plus obligé d’enregistrer les mouvements d’un acteur à la fois : on peut être plusieurs en même temps sur le plateau. Et l’ère des marqueurs dans le visage est révolue. Aujourd’hui, on installe des caméras sur la tête des comédiens pour capter leurs expressions faciales.»

Ainsi, Serkis a étrenné des combinaisons similaires à celles portées par les stars d’Avatar durant le tournage de Rise of the Planet of the Apes, ce qui lui permettait d’interagir à sa guise avec ses covedettes, James Franco et Freida Pinto.

«C’était la toute première fois que la technique de captation de mouvements était utilisée dans des décors réels, et non sur un écran vert, déclare-t-il. On n’a donc pas eu besoin de venir sur le plateau pour refaire certaines scènes.»

Technologie de pointe pour une vieille histoire

Rise of the Planet of the Apes a beau faire appel à une technologie de pointe, la franchise dont le film est tiré ne date pas d’hier. Basée sur un roman publié en 1963, la saga a donné naissance à sept longs métrages et à deux séries télé.

Comment expliquer cette longévité? «Les singes sont un peu com­me nos frères, dit le comédien Andy Serkins. À 97 %, on est identi­ques. C’est donc normal qu’on s’intéresse à eux, non?»

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