Culture

Animal Collective @ Métropolis

La plupart de mes amis ont consommé au moins une drogue dans les six derniers mois. Aucun d’eux ne vit dans un crackhouse, la plupart ont un diplôme universitaire, la grande majorité se brosse les dents deux fois par jour, et je dirais que leur revenu annuel moyen est de 37 000 $. Loin de moi l’idée de banaliser la drogue, mais, comme dans plusieurs compartiments de la vie, je suis d’avis que certaines sont très néfastes alors que d’autres le sont moins. Je me rappellerai toujours mon grand-père, qui mangeait tellement de tomates qu’il y est devenu allergique. Quelques tomates de plus, et le grand repos le guettait. Tout ça parce qu’il n’avait pas respecté la règle numéro 1 : la modération. Je suis de ceux qui croient que la modération dans tout permet de tester beaucoup de choses. Je ne vous garantis pas que je respecte ce que je prône, mais j’essaie fort.

Ce n’est un secret pour personne, beaucoup de grands albums ont été écrits sous l’influence de drogues psychédéliques : LSD, champignons magiques et autres dérivés. Plusieurs études ont vu des liens entre la consommation de drogues hallucinogènes et l’altération positive de la personnalité impliquant une plus grande ouverture de certains traits humains telles l’appréciation esthétique, la sensibilité et l’imagination.

C’est en écoutant Animal Collective que j’ai eu cette réflexion. D’accord, les gars admettent ouvertement avoir commencé à improviser et à jammer ensemble après avoir pris du LSD, mais c’est avant tout leur musique qui m’inspire ces commentaires. Des compositions aux sonorités diverses à la limite de la cacophonie. On se croirait perdu dans l’espace entre une aurore boréale et une constellation psychédélique. Du mush auditif. Une musique expérimentale aux élans pop. Pas étonnant que les gars se déguisent, se maquillent et aient des surnoms de scène : Avey Tare, Panda Bear, Deakin et Geologist.

Leur processus créatif est aussi fort intéressant. Animal Collective est vu comme un projet collaboratif avant d’être perçu comme un groupe. La formation n’a rien d’uniforme, et les collaborations se font de manière organique et naturelle. C’est pourquoi les gars peuvent parfois écrire et composer seuls, à deux ou à quatre, puis sortir ces chansons en gardant le même nom. Avant la sortie de leur 10e opus, Centipede Hz, en 2012, le groupe disait avoir la volonté d’écrire et d’enregistrer ensemble, au même endroit, ce qui n’avait pas été le cas pour plusieurs de ses albums précédents.

Animal Collective est un des groupes les plus intéressants des années 2000. Autant pour sa musique que pour son approche.

59, rue Sainte-Catherine Est

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