Les Détestables ne se gênent pas pour troubler l’ordre public: ils se frenchent en pleine rue, insultent des enfants, font des avances aux passants, s’immiscent dans des conversations privées, partagent leurs expériences sexuelles avec de purs inconnus… Et pourtant, on voudrait les adopter!
Chaque semaine, nous sommes plus de 650 000 à suivre leurs frasques. Il va sans dire: les Détestables méritent d’être nommés révélations de la saison 2011-2012. Pas pire, pour une bande de sexagénaires et de septuagénaires qui avaient peu ou pas d’expérience en télévision!
«Pour moi, c’était un rêve de jeunesse: j’ai toujours voulu être comédienne, révèle Suzanne Provost,
65 ans. Quand j’ai entendu parler des auditions pour Les détestables, je me suis dit: «Ça y est, je me lance!» J’étais sûre qu’ils ne me prendraient pas. Quand ils m’ont appelée pour me dire que j’avais été choisie, je n’en revenais pas!»
Les premiers jours de tournage n’ont pas été faciles pour la nouvelle recrue. Pas évident d’envoyer promener une pauvre fille à qui on vient de demander l’heure… ou de grimacer à la vue d’un bambin dans une poussette. Suzanne Provost se rappelle notamment l’après-midi où le regard du réalisateur, Francis Piquette, est tombé sur un jeune couple assis sur l’herbe dans un parc de la métropole: «C’était totalement improvisé. Il m’a dit: «Va leur demander de faire un trip à trois!» Quand je les ai vus, je me suis dit: «Non, non, non…» Pis je faisais dur! Avec ma canne et ma coiffure, j’avais l’air d’une vraie folle!»
Yvette et André Ferland, un couple dans la vie comme à l’écran, se souviendront longtemps du tournage de la série. «À notre âge, obtenir un rôle dans une émission, c’est extraordinaire! lance ce dernier. Notre famille, notre entourage, ma gang de tennis, ma gang de golf… Ils nous prennent pour des stars! Une star à 77 ans! C’est inespéré!»
Balancer des obscénités à des étrangers pendant tout un été comporte son lot d’effets secondaires. Quand la caméra arrêtait de tourner, certains membres de la distribution des Détestables remarquaient des changements dans leur propre comportement. «Parfois après le travail, je m’en allais faire des commissions et j’avais envie d’envoyer chier tout le monde! rigole Suzanne Provost. Il n’aurait pas fallu que quelqu’un me pile sur le pied, parce que mon réflexe, c’était de lui faire un finger!»
Les Détestables
À V, les mardis à 19h