Culture

La recette de Claudine Mercier

Dans son nouveau spectacle, curieusement intitulé Dans le champ, Claudine Mercier reprend la formule qui lui a permis de s’élever au rang des humoristes les plus aimés du Québec : des numéros de stand-up bon enfant entrecoupés d’imitations qui mettent en valeur sa voix puissante et juste.

Bien qu’elle ne soit pas parvenue à nous donner des crampes abdominales, la comique d’expérience a réussi à nous accrocher un sourire au visage pendant près de 120 minutes hier soir au Théâtre St-Denis, où elle effectuait sa rentrée médiatique.

Comme on s’y attendait, Claudine Mercier a élargi son répertoire d’imitations depuis sa dernière tournée. Parmi les ajouts les plus heureux, signalons Stépha­nie Lapointe («Une Vanessa Paradis en burn-out»), Ima («Dans son vidéo, elle se frotte contre une clôture. On dirait qu’elle a trop mangé de yogourt Activia!»), Brigitte Boisjoli et Cœur de pirate («Je chante pas fort / Et le public en demande encore / Je suis un beau pétard / Je suis équipée pour veiller tard»).

Si sa Lady Gaga manque de mordant, elle se reprend de belle façon avec Anne-Marie Losique, toujours très payante en public. «Avant de juger, il faut regarder les deux côtés de la guédaille!» lance-t-elle en reprenant à la perfection l’accent mi-français, mi-québécois de la célèbre femmes d’affaires.

Pour provoquer les rires, Claudine Mercier mise aussi sur ses classiques, à commencer par Sonia Benezra. «Grâce à Jenny Craig, j’ai perdu 20 livres. Ça a été facile : j’ai juste eu à enlever mes boucles d’oreilles!» a-t-elle blagué. Claude Lamarche, Ginette Reno et Céline Dion ont également ravi les fans de l’humoriste. Tout comme l’impayable Lise Watier, dans un segment malheu­reusement beaucoup trop court.

La plupart de ses monologues touchent au but. Son numéro d’ouverture, consacré aux aléas liés à l’achat d’une nouvelle maison, donne le ton à la soirée, surtout lorsque la comique bifurque vers les émissions de home staging de Canal Vie. «Ils refont ta cuisine pour 1 000 $. Je ne sais pas comment ils font. Je suis rendue à 850 piastres juste en revues de décoration!» balance-t-elle.

Quant au récit de son périple à Compostelle un peu longuet), il aurait profité d’une mise en scène plus élaborée.

Claudine Mercier prend aussi le temps de parler de l’Alzheimer, une maladie qui a emporté sa mère en mai dernier. Assise sur un tabouret, elle conclut le numéro en récitant un poème qu’elle a écrit sur
le sujet (sur une musique de Richard Séguin).

La deuxième partie du spectacle marque le retour de deux personnages chouchous du public : Shannon et la petite fille. «Ça ne va pas bien dans les hôpitaux : même les acariens sont en attente d’un lit!» lance-t-elle sur un ton de gamine.

Claudine Mercier ne verse pas dans l’humour vulgaire. Chose rare par les temps qui courent. Et c’est sans doute pourquoi ses fans lui sont si fidèles. Hormis quelques sacres judicieusement placés, elle évite les jurons et privilégie les blagues grand public.

À titre d’exemple, citons le récit de ses aventures aux douanes américaines : pour éviter de déclencher l’alarme du détecteur de métal, elle ne cache pas son rouge à lèvre dans son cul, mais plutôt dans son «péteux». La grande classe, quoi!

Claudine Mercier
Au Théâtre St-Denis
Vendredi et samedi
En supplémentaire
les 10 et 11 février 2012

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