Culture

Gerard Butler: un véritable soldat de l'espoir

Ned Ehrbar - Metro World News

Le parcours de Sam Childers est exceptionnel. Cet ancien toxicomane et prisonnier est maintenant un homme de Dieu qui s’ef­force inlassablement de sauver des orphelins dans des pays déchirés par la guerre. La foi religieuse et l’attachement aux armes à feu dont il a fait preuve en construisant un orphelinat au Soudan au cours de la dernière décennie lui ont valu le surnom de «soldat de l’espoir».

Néanmoins, il s’est heurté à un degré surprenant de résistance dans le cadre de ses projets, une résistance à laquelle il est capable de faire face, selon ses dires. Qu’en est-il du feu des projecteurs de Hollywood?

Dans Machine Gun Preacher, il est personnifié par Gerard Butler, et les gestes qu’il a posés par le passé, autant les bons que les mauvais, sont étalés au grand jour. Lors d’une entrevue, il a confié à Métro que certaines d’entre eux n’étaient même pas vrais!        

D’où vous vient votre surnom?
Il date de mon premier séjour au Soudan. Lorsque j’ai commencé à construire l’orphelinat en 2000, je dormais sur une paillasse. Beaucoup de villageois me voyaient avec une mitrailleuse dans une main et une Bible dans l’autre. Ils ont commencé à dire que j’étais un prédicateur avec une mitrailleuse. D’où mon surnom. Aux États-Unis, quelques histoires, intitulées Machine Gun Preacher, ont tenté de me discréditer. La première fois que j’en ai lu une, j’ai été plutôt irrité, mais Dieu m’a dit de revendiquer ce nom. Il attire l’attention des gens.     

Avez-vous eu votre mot à dire sur les épisodes de votre vie qui se sont retrouvés à l’écran?
Non, pas vraiment. Pour être franc avec vous, ils n’ont pas utilisé les épiso­des les plus violents de ma vie. S’ils avaient voulu couvrir ma vie entière, ils auraient été obligés de faire une série. Il était impossible de le faire en un film. J’ai entendu dire qu’ils envisageaient de faire d’autres trucs aussi. Ils le feront peut-être. À la grâce de Dieu!

Êtes-vous en désaccord avec des choses présentées dans le film?
Dans le film, il y a des choses que je n’ai pas faites. Certaines ont peut-être été amplifiées, comme les scènes d’action, mais il y a suffisamment de vertu pour que je sois satisfait. La scène où je vole un trafi­quant de drogue et que je l’insulte parce qu’il est Noir, je n’ai jamais fait cela. Ai-je volé des trafiquants de drogue? Beaucoup d’entre eux. Mais je n’ai jamais utilisé ce type de langage. Ma grand-mère paternelle est morte lorsque j’avais cinq ans, et j’ai été élevé par une dame de race noire. J’ai appris à respecter les personnes pour ce qu’elles sont en grandissant. J’ai appris à ne pas regarder la couleur de leur peau.

Avez-vous été surpris de la résistance qu’ont suscitée vos actions?

Il y a un grand nombre de personnes [qui ne sont pas d’accord avec moi]. Hier, j’ai rencontré un journa­liste totalement contre les armes. «Votre mère est de l’autre côté de la rue et se fait violer par des rebelles. Vous avez une arme à portée de main. Que faites-vous?» lui ai-je demandé. Il m’a répondu qu’il ne le savait pas et qu’il devait y réfléchir. «Vous n’aimez pas votre mère», lui ai-je rétorqué. Point final. Comment pouvons-nous dire que nous allons y réfléchir s’il s’agit de notre mère, de notre frère, de notre sœur ou d’un enfant qui se fait violer par des rebelles? Pourquoi devrions-nous y réfléchir?   

Pourquoi croyez-vous que certains pays ont reçu plus d’attention que le Soudan?

Vous savez, c’était peut-être seulement leur saison. C’était peut-être seulement à leur tour d’en recevoir. Grâce à ce film et aux nombreuses personnes qui parleront franchement, je crois que le Soudan obtiendra dorénavant cette attention. À mon avis, le film ne porte pas sur Sam Childers. Je pense que ce film changera littéralement une nation.

Le Sud-Soudan réussit à bâtir son infrastructure, mais le Soudan pose encore pro­blème. Tous les petits groupes de rebelles sont entretenus et financés par le président du Soudan, Omar el-Béchir. Au Darfour, plus de 6 000 en­fants meurent chaque mois à cause des crimes de guerre, de la famine, des maladies, et ainsi de suite. Un problè­me grave existe. Notre seul espoir, c’est que cet homme soit renversé.

Machine Gun Preacher
En salle vendredi

Articles récents du même sujet

Exit mobile version