Une série de citations orne l’intérieur de la pochette de l’album éponyme des Vulgaires Machins. «Y sort quand déjà votre album fif? – Hugo Mudie», «On va peut-être finir par y aller à Tout le monde en parle! – Pat Love» et autres du même acabit.
Avec cette entrée en matière humoristique, le groupe a-t-il décidé d’aller au devant des moqueries dont pourrait faire l’objet leur album acoustique?
«C’est sûr qu’on s’attendait à ce que des gens portent un jugement là-dessus, concède Guillaume Beauregard, leader du groupe. À la limite, ç’a peut-être été plus une motivation qu’autre chose… On s’est dit : « Ah! Cool! On va peut-être déranger du monde! »» Métro s’est entretenu avec Guillaume et Marie-Ève Roy.
Ce disque sort moins de deux ans après votre précédent, Requiem pour les sourds…
Marie-Ève : On a eu l’idée de l’album acoustique en enregistrant Requiem. On cherchait une défaite pour retravailler avec Gus Van Go! Le travail s’est étalé sur un an, à temps perdu.
Vous reprenez des pièces de votre répertoire – principalement des disques récents – en version acoustique. La sélection a-t-elle été difficile?
Guillaume : Les tounes sont moins bonnes avant Aimer le mal, c’est pour ça qu’il y en a plus des derniers albums! [rires] Le gros du travail avant d’entrer en studio n’a pas tant été de préparer les tounes que de les choisir, de faire le tour de notre répertoire. En général, en la jouant deux ou trois fois, on se rendait compte si une pièce fonctionnait ou non en acoustique.
Vous avez aussi inclus trois pièces inédites. Je chante pour les sourds et Sans remède semblent témoigner d’une certaine lassitude face à votre «rôle» de groupe engagé… En avez-vous parfois assez d’être associés à ça?
Guillaume : L’idée de Je chante pour les sourds a inspiré le titre de l’album d’avant, Requiem pour les sourds, et la chanson était censée se retrouver dessus, mais elle n’était pas prête. C’est pour ça qu’elle est dans le même esprit d’écriture que cet album-là, avec cette espèce de lassitude, d’écœurement, de remise en question… Ça arrive, des fois, qu’on remette notre démarche en question, d’avoir envie d’être quelqu’un d’autre. Et le but d’écrire ces chansons, ce n’est pas de dire : «On est vraiment tannés, c’est juste de la m…», mais simplement de parler de ces doutes, de cette prise de conscience, de cette peur de la répétition et de cette envie de faire quelque chose de nouveau. J’avais envie d’aller au bout de ça avant de commencer à faire des tounes drôles!
Avec un peu d’aide des fans
Pour la première fois, Vulgaires Machins offrira à ses fans la possibilité d’acheter l’album en ligne contre une contribution volontaire. «Pour moi, ça a juste du sens d’essayer d’impliquer les fans dans notre aventure musicale, explique Guillaume Beauregard.
Le disque est appelé à disparaître. Actuellement, les fournisseurs d’accès internet font un profit faramineux sur le dos des artistes, que ça soit pour la musique, le cinéma… On veut essayer d’impliquer le monde avant qu’il y ait un système plus rigoureux. Si les fans veulent que les groupes restent en vie, ils doivent les aider.»
Vulgaires Machins
En magasin dès mardi