Peu avant que la comédie culte de Ben Stiller Zoolander ne sorte en salle, deux semaines après les attentats du 11 septembre, une séquence où figurait le World Trade Center fut coupée au montage parce que le réalisateur craignait que cela ne trouble les spectateurs.
Neuf ans plus tard, on assistait à la sortie d’une autre comédie culte, britannique celle-là, Four Lions, qui brossait le portrait de djihadistes loufoques qui s’amusaient à faire sauter des bombes.
Au cinéma, comment a-t-on pu passer de l’angoisse au rire débridé sur un tel sujet? L’eau a coulé sous les ponts, dira-t-on. Certes, mais Hollywood a aussi réagi comme il le fait toujours, c’est-à-dire en offrant au public ce que le public veut. Voici ce que nous avons observé au fil des années.
Au grand écran
Un grand changement s’est opéré dans l’industrie du divertissement après les attentats et celui-ci peut se résumer ainsi : l’envie de fuir la réalité. «Au cours des 10 dernières années, il est devenu plus facile d’avoir une bonne comédie ou un bon film d’action ou de superhéros», explique la productrice Jane Rosenthal, à qui on doit les films Meet the Fockers et Little Fockers.
C’est bien vrai. Un long métrage comme Iron Man permet de nous évader et, en plus, tous les méchants s’y font tuer. Au cours de la dernière décennie, d’autres œuvres hollywoodiennes ont abordé le sujet des attentats plus directement.
United 93, réalisé par Paul Greengrass dans un style documentaire, nous place directement dans l’avion et raconte comment les passagers ont neutralisé les terroristes qui avaient pris pour cible le Pentagone. La même année, World Trade Center d’Oliver Stone racontait l’histoire de deux policiers (Nicolas Cage et Michael Peña) coincés sous les décombres des tours.
Entre-temps, nous avons assisté à l’inauguration du Festival du film de TriBeCa, dont la première édition a eu lieu en novembre 2002, après seulement 120 jours de préparation. Le but de l’événement : redonner sa vitalité au centre-ville de New York.
À voir
Un drame réalisé par Spike Lee d’après un scénario de David Benioff (Troy, Stay, Brothers)
Certes, United 93 est un chef-d’œuvre bouleversant. Mais il ne faudrait pas pour autant oublier le sous-estimé The 25th Hour, que Spike Lee a réalisé quelques mois à peine après la tragédie du 11 septembre.
Consacré à la dernière journée de liberté d’un trafiquant de drogue (Edward Norton), The 25th Hour rend parfaitement le sentiment de désarroi et de colère de ses amis, qui représentent ici tous les New Yorkais. Une œuvre cathartique.