Culture

FME: émergent au sens large

Un artiste «émergent», Vincent Vallières? Peut-être pas au sens propre du terme. Tout le monde s’entend pour dire qu’un chanteur ayant vendu plus de 40 000 exemplaires de son dernier opus (Le monde tourne fort), reçu un total de 9 nominations en carrière au gala de l’ADISQ et rempli la place des Festivals lors des dernières FrancoFolies de Montréal peut difficilement être qualifié d’«étoile montante sur le point de faire sa marque». Mais selon Sandy Boutin, président du Festival de musique émergente et gérant de Karkwa, la frontière entre artistes établis et artistes de la relève est beaucoup plus floue qu’on le croit. «Au Québec, on pense souvent que les gens qui passent à la télé sont riches, mais c’est loin d’être le cas… surtout quand on fait partie d’un groupe», indique-t-il.

Voilà pourquoi, ce week-end, on ne s’étonnera pas de voir des Malajube, Marie-Jo Thério et autres Jérôme Minière côtoyer de jeunes recrues comme Salomé Leclerc, Karim Ouelle et Peter Peter au 9e Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME). Également au programme: Jimmy Hunt, Socalled, Sunny Duval, Monogrenade, Grenadine, Galaxie, Duchess Says, Dany Placard, Philippe B…

Comme chaque été, le festival recevra aussi des musiciens venant d’Europe et des États-Unis, dont le groupe suédois Thus:Owls, le combo folk expérimental new-yorkais Akron/Family et le Français François Audrain. «En France, le FME commence à être connu. C’est aux États-Unis qu’il reste beaucoup de travail à faire, note Boutin. Quand les Américains partent en tournée au Canada, ils ont souvent trois villes à leur itinéraire : Toronto, Mont-réal et Vancouver. Ce n’est pas toujours évident de les convaincre de faire 765 km de route dans le bois pour donner un show.»

Plus jeunes, Sandy Boutin et ses amis multipliaient les allers-retours entre Rouyn-Noranda et Montréal pour voir leurs artistes préférés en concert. C’est d’ailleurs au terme d’un de leurs courts séjours dans la métropole que ces mélomanes ont eu l’idée du FME. «Au départ, c’était très égoïste : on voulait juste avoir de la musique à notre goût en Abitibi! s’exclame Boutin. Le FME, c’est aussi une façon de promouvoir la scène alternative en région. Ça permet à des artistes de conquérir un nouveau public.»

Gagnant du Félix de l’Événement de l’année lors des deux dernières éditions du gala de l’ADISQ (devant  Osheaga, le Festival de jazz et les Francouvertes, pour ne nommer que ceux-là), le FME n’a pas soumis sa candidature en 2011. «On n’a pas peur de perdre; on attend juste d’avoir quelque chose de nouveau à offrir», précise le cofondateur du rendez-vous.

L’été prochain, le FME fêtera son 10e anniversaire. Sandy Boutin et son équipe espèrent-ils suivre les traces de Pop Montréal qui, dans quelques semaines, soulignera sa première décennie d’existence par un grand concert extérieur gratuit d’Arcade Fire?

«Bien sûr! J’espère qu’on réussira un aussi gros coup d’éclat!»

Le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue
Jusqu’à dimanche

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