Culture

David Giguère: au hasard des rencontres

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Son visage vous est familier? C’est sans doute à cause du film Starbuck, où il incarnait, justement… un musicien. C’est un peu durant les auditions pour le film de Ken Scott que tout a commencé pour David Giguère, comédien de formation fraîchement débarqué à Montréal en juin 2010.

«En fait, c’est une succession de belles rencontres qui a mené à mon premier album, Hisser haut», précise le jeune homme, qui se produisait déjà occasionnellement au Lion d’Or alors qu’il était encore aux études. «Un jour, Pilou [Pierre-Philippe Côté], artiste que j’admire énormément, est venu voir le spectacle, et à la fin de la soirée, il est venu me dire qu’il voulait réaliser mon album, se souvient l’artiste. Je capotais. Je n’avais aucune idée du processus que ça impliquait… mais j’ai dit oui!»

Une première maquette a suivi, puis est venue la fameuse audition pour Starbuck. «Comme c’était le rôle d’un musicien qui jouait dans le métro, je devais interpréter une chanson, explique-t-il. Alors… pourquoi ne pas présenter une des miennes?»

Quand Ken Scott a su que David était l’auteur de la pièce L’atelier, qu’il avait interprétée en audition, le réalisateur a décidé d’en faire la chanson sur laquelle se clôt le film. «J’étais assez content, mettons», sourit David Giguère.

Mais le conte de fées n’était pas fini, puisqu’au fil du temps, Ariane Moffatt elle-même en est venue à coproduire Hisser haut et à y participer. «J’avais  rencontré Philippe Brault, le réalisateur de Pierre Lapointe, et je lui avais dit que je voulais enregistrer un album, mais que je n’y connaissais pas grand-chose, résume le musicien.

Il m’a suggéré d’appeler Stéphanie Moffatt – la sœur d’Ariane – pour qu’elle me conseille. J’ai vraiment eu un coup de foudre artistique pour cette dame, j’étais donc aux anges quand elle m’a proposé de coproduire mon disque.»

Plus tard, Stéphanie Moffatt a parlé à sa sœur de ce nouvel artiste; la chanteuse a alors décidé de se rendre au studio pour entendre ledit artiste… et la suite, on la connaît.

Outre les sœurs Moffatt et Pilou, David Giguère a pu compter sur la participation de plusieurs artistes, dont Fanny Bloom et Emmanuel Schwartz. «Si je ne me retenais pas, j’appelerais des gens chaque jour pour savoir s’ils veulent qu’on travaille ensemble, rigole le jeune homme. Je n’ai rien de hippie, mais cet aspect collectif, ce mélange, je trouve ça hyper intéressant. Cet album-là, c’est un album de rencontres, de soif de rencontrer des gens. Je trouve ça beau, des mondes super différents qui se croisent. J’aime ça, par exemple, quand je regarde l’ADISQ, voir Guy A. Lepage serrer la main à Yann Perreau.»

Sans artifices

Être sur une scène, c’est un feeling que David Giguère; le comédien; connaît bien. Livrer des textes aussi personnels que ceux de son album Hisser haut – où il évoque notamment la mort de sa mère, survenue alors qu’il n’avait que quatre ans –, c’est une autre paire de manches.

«J’ai envie que ma musique soit vraie, simple, dit le chanteur et comédien. Je veux que les gens sentent que quand je suis sur scène, je suis vraiment là, je ne pense pas à ma liste d’épicerie. J’étais curieux d’explorer cet aspect-là, d’être sur scène sans être en représentation.»

Pour son spectacle de lancement, David Giguère explique avoir fait appel à un metteur en scène de renom, Claude Poissant, lequel agit à titre «d’œil extérieur» pour empêcher le jeune homme de faire du théâtre. «Avoir du charisme sur scène, c’est ça que j’ai appris pendant quatre ans à l’école, souligne-t-il. Là, ce que je veux, c’est ne pas trop en mettre.»


Hisser haut
En magasin dès mardi
Lancement au National, jeudi à 20 h

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