Culture

L'or des autres: des choix à faire

La venue de l’entreprise minière Osisko dans la communauté de 3 600 personnes de Malartic a fait couler beaucoup d’encre. Plusieurs personnes ont dû être déplacées et des édifices ont été démolis. C’est en apprenant ce qui se passait que l’Abitibien Simon Plouffe a décidé de documenter la situation, qui allait devenir L’or des autres. «Je ne croyais pas qu’on pouvait faire une mine d’or à ciel ouvert au Québec, se souvient-il. C’est plutôt des pratiques que l’on voit en Amérique latine ou en Afrique.»

Pendant trois années le réalisateur a multiplié les allers-retours entre Montréal et Malartic. Dans la veine du cinéma direct, du travail de Gilles Groulx et du Vernon, Florida d’Errol Morris, Simon Plouffe a privilégié une démarche humaniste en s’attardant aux individus. «Ce sont les histoires des gens, leur façon de voir les choses qui étaient simples et éclairantes pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui ne connaît pas tous les enjeux, tous les détails. Je n’ai pas fait venir d’experts parce que, justement, ce sont les citoyens, les experts.»

L’or des autres donne surtout l’impression que la population de Malartic s’est fait avoir, s’est fait manger la laine sur le dos. « On pense que le citoyen n’a pas de pouvoir, mais les gens de Malartic n’étaient pas informés, affirme le documentariste. On leur disait qu’ils n’avaient pas le choix. Le maire leur faisait peur en leur disant que le sous-sol pouvait s’effondrer dans 10 minutes comme dans 20 ans à cause des anciennes galeries souterraines…»

Heureusement, de plus en plus de comités de sensibilisation se forment dans la province, parce que la question des ressources naturelles est brûlante d’actualité. «C’est un peu maintenant ou jamais que l’on doit prendre les décisions avant qu’il ne soit trop tard, déclare Simon Plouffe. Surtout pour les mines. Ce sont des métaux non renouvelables. C’est certain que, lorsque ça va être vidé, les compagnies vont aller ailleurs. Est-ce que c’est ce qu’on veut, ce genre de développement là? Faire ça rapidement pour créer un peu d’emploi, un petit peu de profit et que ça se termine là? Est-ce qu’on a appris du passé; de Thetford Mines?»

Voir double
L’or des autres, de Simon Plouffe, arrive en salle quelques semaines à peine après Trou Story, de Richard Desjardins et de Robert Monderie, qui traitait d’un sujet similaire : la mainmise d’une entreprise minière sur un territoire au détriment de sa population. Les comparaisons s’arrêtent cependant là.

«Trou Story est beaucoup plus historique, développe Simon Plouffe. Il est davantage centré sur la santé des employés et le profit de l’entreprise. Il couvre l’histoire des mines ces 100 dernières années, du nord de l’Ontario jusqu’à Malartic… Si tu as vu un, tu n’as pas vu l’autre. Je trouve que les deux films se complètent bien. Ça permet justement d’avoir un plus vaste aperçu de la situation. Il traite un peu plus de l’aspect environnemental que moi. En revanche, j’aborde un peu plus l’aspect humain, le côté social. Je trouve que c’est bien, de voir les deux, finalement… »

L’or des autres

En salle dès vendredi

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