Qui a joué dans des films aussi différents que Braveheart, Adaptation, Match Point, Zodiac, The Bourne Supremacy et Rise of the Planet of the Apes? Deux morceaux de robot si vous avez répondu Brian Cox.
L’interprète britannique apparaît maintenant au générique de Coriolanus, la première réalisation de l’acteur Ralph Fiennes, qui a d’abord joué le personnage au théâtre. Brian Cox prête ses traits à Menenius, un homme politique pris entre deux feux. Devant la colère du peuple, il tente d’imposer le guerrier Caius Martius, dit Coriolanus (Ralph Fiennes), qui part en croisade contre son ennemi juré, Tullus Aufidius (Gerard Butler). Le film met également en vedette Vanessa Redgrave dans le rôle de la mère du héros et l’omniprésente Jessica Chastain dans celui de sa femme.
«J’incarne un politicien d’expérience, explique le comédien, joint au téléphone à New York. Il sait ce qui est important pour la ville à ce moment-là, et c’est Coriolanus. Coriolanus peut changer les choses. Sauf qu’il doit se calmer, se modérer. Menenius pense qu’il est un leader- né, un grand soldat, mais il ne sait pas encore s’il a l’âme d’un politicien. Il a pourtant confiance en lui…»
Basée sur une pièce de William Shakespeare, cette version scénarisée par le renommé John Logan (Gladiator, The Aviator) est étonnamment contemporaine. Il y est notamment question d’instabilité économique, d’un gouvernement autoritaire et d’une population affamée. «La pièce parle de ce qui se passe aujourd’hui, de la dynamique d’une population et de la manière dont elle réagit face à l’adversité, raconte Brian Cox, qui s’est fait connaître en 1986 pen interprétant Hannibal Lecktor dans le Manhunter de Michael Mann. Elle aborde en filigrane la question de la droite, la situation à Londres, le printemps arabe et tout ce qui s’est passé. Ça a beaucoup de sens. J’adore le fait que Ralph Fiennes ait voulu créer une pièce moderne et qu’il l’ait fait de cette façon.»
Le comédien ne tarit pas d’éloges sur le populaire interprète. «Il était extraordinaire. Je n’ai jamais vu un acteur qui alterne aussi bien entre le jeu et la mise en scène. C’est impressionnant, surtout que c’était la première fois qu’il réalisait un film, et je trouve qu’il l’a extrêmement bien fait.»
Mais où est Shakespeare?
Les transpositions cinématographiques de pièces de Shakespeare sont innombrables. Songeons seulement à celles de Laurence Olivier ou de Kenneth Branagh. Pourtant, elles se sont faites rares au 21e siècle, si l’on fait exception du travail de Julie Taymor (Titus et The Tempest). «Je crois que Coriolanus est une des meilleures adaptations de Shakespea-re, s’avance Brian Cox, qui a souvent joué dans des textes du dramaturge anglais, sur les planches comme au cinéma. Je pense que, dans la plupart des adaptations récentes, le résultat n’a pas particulièrement été transcendant. Ces gens ne comprennent pas toujours bien l’essence des pièces, leur nature philosophique… Il y a de grands acteurs de théâtre qui ont fait des films im-portants, comme Peter Brook et le réalisateur russe Grigori Kozintsev. C’est le niveau que je m’attends à retrouver et je pense que le travail de Ralph Fiennes se rapproche beaucoup de ça.»
Coriolanus
En salle dès le 20 janvier