Michael Fassbender parle de sexualité depuis le début de la journée. À l’hôtel Crosby Street de New York, il paraît un peu las, penché, les coudes appuyés sur les genoux, alors qu’il essaie d’expliquer comment il a réussi à simuler tant de scènes torrides pour le film Shame (La honte), interdit aux jeunes de 17 ans et moins, qui raconte l’histoire d’un obsédé sexuel vivant à New York.
L’Irlandais de 34 ans nous a expliqué la signification de l’expression australienne «to fancy a root» (relation sexuelle) et a discuté de la personne idéale pour animer la cérémonie des Oscars (Tina Fey), mais il nous a aussi fait des confidences sur le tournage des nombreuses scènes où il apparaît intégralement nu de face. Les tourner ne le dérangeait pas, mais les regarder, oui!
«C’était – je suis sûr que vous comprenez, vous n’avez qu’à vous imaginer à ma place – étrange. Les faces que l’on [rires] fait dans ces situations ? je voulais que ce soit très authentique, sans filtre ou autre chose, dit-il, un sourire légèrement gêné sur les lèvres. C’est donc plutôt intense de se voir. C’est comme écouter son répondeur téléphonique. C’est assez désagréable, alors imaginez-vous nu.»
Michael Fassbender connaît une année particulièrement sensuelle puisqu’il tient aussi la vedette dans le film A Dangerous Method, où il incarne le psychothérapeute Carl Jung, qui propose un traitement un peu, disons, charnel à une jeune femme. Qu’est-ce que Jung aurait pu dire à Brandon, le personnage que joue Michael Fassbender dans Shame?
«Tout d’abord, je pense qu’il lui dirait que c’est correct, soutient-il. Ensuite, d’avoir peut-être un peu plus d’égards pour lui-même. Je crois que Brandon ne s’aime peut-être pas beaucoup et, par conséquent, il se malmène et se fait du mal. C’est ce qu’il dirait, et il lui conseillerait probablement d’aller consulter son ami Ziggy Freud, à Vienne, qui serait probablement plus compétent que lui dans ce cas.»
Collaborer avec Steve McQueen
Michael Fassbender collabore pour la deuxième fois avec l’artiste reconverti en réalisateur Steve McQueen. La première fois, ils ont tourné le film Hunger, qui portait sur le poète irlandais et gréviste de la faim Bobby Sands.
Ils feront également un autre film ensemble, intitulé Twelve Years, a Slave, mettant en vedette Brad Pitt. Michael Fassbender explique ce qui rend leur collaboration si particulière. «Je ne sais pas, avoue-t-il. Il y a des choses comme ça. C’est une sorte de chimie. Ça marche. Ensemble, nous sommes à l’aise d’être nous-mêmes, avec tous nos défauts et nos qualités. Nous sommes très honnêtes l’un envers l’autre et nous exigeons le meilleur de nous-mêmes et des autres. Nous faisons de notre mieux et nous nous faisons confiance. Si nous échouons, nous coulerons ensemble et, avec un peu de chance, nous nous aiderons à remonter à la surface.»
Shame
En salle dès vendredi 16 décembre