À l’automne dernier, Catherine Major proposait un album chargé d’émotions, aux textes faits d’ombre et de lumière composés par elle, mais aussi par sa mère, Jacinthe Dompierre, son amoureux, Moran, et son ami, Christian Mistral. La musicienne renoue maintenant avec la scène, entourée des musiciens Alex McMahon (direction musicale et batterie), Mathieu Désy (bas-se électrique et contrebasse) et David Laflèche (guitare). Ce moment, elle l’attendait avec fébrilité. Discussion.
Vous faites la rentrée montréalaise de votre album Le désert des solitudes à Montréal en lumière. Est-ce un hasard?
Ça a été un choix stratégique de profiter d’un beau festival pour faire la rentrée. La seule chose qui m’embête, c’est que je ne pourrai voir aucun autre spectacle parce que je suis trop occupée durant le mois de février. On a travaillé comme des acharnés à ce spectacle-là.
Un spectacle qui est mis en scène par Marc Béland…
Ce n’est pas tout à fait une mise en scène, puisque ce n’est pas du théâtre; il n’y a pas 50 déplacements dans mon concert. Marc est plus un œil extérieur. C’est vraiment un show hyper musical, on met l’accent sur la musique. Je suis là pour offrir mes chansons au monde, c’est ça qu’ils viennent entendre. Marc, lui, va peut-être remarquer de petits détails de lumière, de déplacements… Du style : «Mon Dieu Catherine, ce petit geste que tu viens de faire, tu ne t’en rends pas compte, mais ça marche, essaie de le rendre plus prononcé.» Mais de toute façon, devant le public, ça va continuer
à évoluer.
On ne doit donc pas s’attendre à quelque chose de très chargé visuellement!
Il faut toujours savoir sur quoi on veut miser dans un spectacle. Si on met le paquet sur un éclairage, un décor, est-ce que les chansons passent mieux? Pas nécessairement. Un show de chanson, ça doit rester un show de chansons, à moins d’avoir un spectacle concept. De plus, il faut traîner notre show en tournée, alors on essaie d’avoir une formule relativement légère.
Vous êtes connue aussi pour vos trames sonores de film – récemment Pour l’amour de Dieu de Micheline Lanctôt –, vous avez donc manifestement un intérêt pour le côté visuel des arts…
Oui, vraiment. C’est une partie de mon métier que je ne voudrais jamais laisser tomber. J’ai principalement fait du documentaire, mais aussi deux longs métrages de fiction. J’aime beaucoup faire ça, prendre le temps de partir en studio, être derrière l’image, avoir des contraintes, obéir à un réalisateur… C’est très différent de ce que je fais dans la vie, quand je suis ma propre boss, donc c’est très intéressant et très important, d’avoir ça dans ma vie.
Est-ce que votre formation de musicienne classique influence la façon dont vous êtes sur scène?
Ooooh oui! C’est sûr que c’est à cause de mon bagage que je joue du piano de cette façon, mais je dirais que le classique me rattrape de plus en plus. Dans ce show-là en particulier, sans dire quoi, j’essaie quelque chose de nouveau… qui est très difficile à faire. Mais chose certaine, le classique est plus présent que jamais.
Le désert des solitudes est un album très chargé en émotions, est-ce éprouvant de le transposer sur scène?
Je crois que oui, mais en même temps, je suis comme ça, ça vient de moi. Ce n’est pas léger, je mets tout ce que j’ai. Je ne l’ai pas encore fait, mais c’est un show que j’ai travaillé avec les musiciens de façon très perfectionniste, on veut vraiment qu’il ne manque rien musicalement, même si on n’est que quatre. C’est un show qui demande beaucoup de concentration pour l’instant.
En famille
Les proches de Catherine Major, on le sait, ont signé plusieurs des textes très personnels que l’artiste ressent comme les siens. « Je peux m’approprier encore plus parce que je suis proche de ces gens-là, dit-elle. Mais tout ça s’est fait naturellement : la première raison pour laquelle je travaille avec ma mère ou mon chum, en plus du fait qu’on a une vraie complicité, c’est que j’aime ce qu’ils écrivent! »
Catherine Major
Au Club Soda
Jeudi et vendredi à 20 h